Chroniques de laTerre Sainte

juin 6, 2017

Qu’est-ce que c’est que la coordination sécuritaire et pourquoi suscite-t-elle tant de critiques et de tension ?

Classé dans : Uncategorized — RACHIDA BENMEDDOUR ABUSHAWISH ABOUCHAOUICHE @ 7:53

Pour une majorité de palestiniens, l’ accord de ” la coordination sécuritaire ” avec les autorités  israéliennes  avilit leurs dirigeants .Un accord honni qui consacre la soumission face à l’occupant .Ils considèrent que les forces de sécurité de l’AP sont devenues le                   « Gendarme » de l’occupation israélienne au service de sa sécurité. Ce sentiment est renforcé par le blocage du processus de paix et la poursuite de la colonisation et de l’occupation.

Qu’est-ce que c’est que la coordination sécuritaire et pourquoi suscite-t-elle tant de critiques et de tension ?

Conformément aux accords d’Oslo signés en 1993, la gestion administrative des zones A et B englobant, respectivement, 18% et 21 % des territoires occupés et qui implique une coopération notamment pour le passage des biens et des personnes, est attribuée à l’AP, tandis que les 61% restant où sont établies les colonies, à Israël. La sécurité a été confiée aux forces palestiniennes dans la zone A et aux forces israéliennes dans les zones B et C. Cependant et lors d’un accord signé au Caire en mai 1994, il a été convenu que les forces de sécurité palestiniennes agissent contre toute action anti israélienne, contre les colons y compris. Pour ce faire, des réunions régulières, des échanges d’informations via le bureau de coordination sont effectués et des patrouilles mixtes et des opérations conjointes sont quotidiennement menées.

Cette coordination décriée, a été suspendue lors de la deuxième Intifada par le président défunt, Yasser Arafat puis reprise avec l’avènement de Mahmoud Abbas en 2005 qui l’a par la suite reformée, l’assimilant à un gage donné à la communauté internationale, et notamment aux Etats-Unis. Un gage posé comme préalable absolu à tout accord de paix par l’état hébreux et l’administration Bush. Cette dernière a dépêché dès mars 2005 le lieutenant général William Ward avec pour mission : la supervision de la coordination sécuritaire et la refonte ainsi que la reconstruction des services de sécurité que le président Arafat a, de son vivant, toujours rejeté. William Ward fut ensuite remplacé par Le général Keith Dayton qui était en charge du recrutement, l’entraînement et l’équipement des forces de sécurité dans le cadre d’un plan global visant la construction des institutions prélude à l’établissement d’un état. Certains n’hésitent pas à dire qu’il s’immisçait dans la politique interne de l’AP en imposant les diktats de son administration au point d’être qualifié par nombre d’opposants palestiniens notamment les partis islamistes, de «l’américain venu gouverner les palestiniens ».

C’est d’ailleurs dans ce contexte que le mouvement Hamas s’était emparé du pouvoir à Gaza en Juin 2007 présentant cela comme une prévention contre une conspiration fomentée contre son pouvoir, citant un plan américain que Dayton aurait été chargé d’exécuter, intitulé : « how to sink Hamas » (comment noyer Hamas) .

« Le plan Dayton met sur pied un appareil sécuritaire non pas pour défendre notre peuple, mais pour l’empêcher de résister…il vise aussi à déstabiliser notre gouvernement légitime élu par la voie des urnes et le remplacer par le gouvernement choisi par Dayton » ne cessaient de répéter les responsables du Hamas pour justifier leur coup de force

Présentée comme une question de loi et d’ordre principalement avec pour objectifs d’ appréhender les gangs criminels, consolider les services de sécurité concurrents, interdire l’utilisation publique des armes, et localiser les voitures volées, cette réforme s’est traduite, sur le terrain, par le démantèlement des groupes armés en Cisjordanie, ainsi que la restructuration et la modernisation des forces de sécurité, pourvues de 30 000 hommes. Des unités spéciales ont été créées, notamment en matière de lutte antiterroriste, plusieurs « bataillons spéciaux » des Forces Nationales de Sécurité et une gendarmerie de 8000 membres constituant la plus grande unité des forces armées palestiniennes en Cisjordanie. Une force ,régulièrement accusée d’exactions, mais qui a réussi à rétablir l’ordre notamment à Naplouse, Jenine et Hébron hauts lieux de la résistance, en proie, des années durant à un chaos sécuritaire terrifiant, à cause de l’affaiblissement des forces policières palestiniennes suite aux coups que leur a infligés l’armée israélienne qui a réoccupé ces villes durant la 2eme intifada en 2002. Des opérations spectaculaires sont menées par ces forces qui multiplient les arrestations ,des fois arbitraires de membres ou de sympathisants du Hamas et, dans une moindre mesure, des organisations de gauche et des comités populaires en Cisjordanie .L’ensemble des factions armées de la résistance ont été contraintes à la reddition et à l ‘abandon de leurs armes poussant beaucoup de Palestiniens à considérer cela comme une collaboration pure et simple avec « l’ennemi Israélien » Pour eux , les forces palestiniennes de sécurité sont devenues des supplétifs de l’armée d’occupation.

Le plus grand coup assenée à la réputation de l’Autorité Palestinienne a eu lieu pendant la guerre israélienne à Gaza commencée en décembre 2008 lorsque Ses forces de sécurité ont réprimé des manifestations en Cisjordanie en solidarité avec Gaza. Les agents en civil ou en uniformes ont encerclé les mosquées empêché les jeunes gens de s’approcher des check-points israéliens, arrêté les protestataires et dispersé les manifestants à coups de bâtons et de gaz lacrymogènes. Le même scenario a eu lieu lors de la guerre de cet été mais il était de moindre intensité.

Abbas et l’AP sont également accusés par l’opinion publique de s’être débarrassés des officiers nationalistes palestiniens de l’ère Arafat en les obligeant à prendre leurs retraites afin de les remplacer par de nouveaux sans passé de militants ou d’anciens combattants. Des « professionnels de la sécurité », particulièrement zélés, qui ne s’encombrent guère de considérations politiques n’hésitant pas à arrêter « les héros de la résistance ».Certaines opérations se sont soldées par la mort ou les blessures de plusieurs militants.

C’est ainsi que le déclin de l’intifada 2000 et de la résistance armée en Cisjordanie a commencé avant d’être complétement étouffée dans la foulée d’affrontements entre les forces de sécurité de l’AP et les groupes armés .Un bras de fer qui a été ,en effet, le dernier signe du refus par les combattants eux-mêmes, de la politique de désarmement initiée par l’AP, qui a conduit plusieurs centaines de membres des Brigades Al Aqsa- à renoncer publiquement à la lutte armée en échange d’une amnistie de la part d’Israël, et des centaines de membres du Hamas à déposer les armes sous la pression des forces de sécurité.

Cette démarche très impopulaire est vivement contestée par une majorité de l’opinion publique qui voit la résistance armée comme un droit légitime de tout peuple sous occupation.

Sans cette coopération, Israël qui la considère comme un élément clé dans sa lutte contre les opérations de la résistance palestinienne ciblant ses soldats et ses colons en Cisjordanie et à Jérusalem Est occupée, éprouverait beaucoup plus de mal à glaner le renseignement nécessaire pour les empêcher. L’AP trouve aussi son intérêt dans la surveillance accrue du Hamas et des groupes radicaux ou djihadistes, ses principaux opposants. La coopération a fait échouer plusieurs tentatives de déstabilisation de l’Autorité palestinienne par le Hamas. Elle permet, en somme, de prévenir tout soulèvement en Cisjordanie qui pourrait se retourner contre elle.

L’Autorité palestinienne, sous l’enclume des pressions américaines et sous le marteau de son opinion publique se retrouve ainsi dans un dilemme. Elle fait face à des exigences contradictoires. Elle doit appliquer les accords sécuritaires impopulaires, empêcher toute manifestation armée et dans le même temps, elle est sensée soutenir la cause nationale palestinienne, y compris le droit à la résistance. Un dilemme qui risque de se compliquer encore davantage si les concessions faites restent sans contrepartie satisfaisante : La fin de l’occupation et l’établissement d’un état indépendant et viable.

FIN

mars 8, 2017

L’impopulaire coordination sécuritaire

Classé dans : Uncategorized — RACHIDA BENMEDDOUR ABUSHAWISH ABOUCHAOUICHE @ 9:00

Après la mort du ministre Ziad Abou Ein lors d’une manifestation pacifique contre la confiscation de nouvelles terres qui a dégénéré en affrontement, plusieurs responsables palestiniens, se basant sur une décision de leur direction, ont annoncé la fin de la coordination sécuritaire entre l’AP et Israël suscitant une constellation de réactions. Si cette annonce a été bien accueillie dans les milieux palestiniens, elle a été dénoncée en Israël et soulevé des interrogations quant à son aboutissement. Ceux qui n-y ont pas cru, auront eu finalement raison, puisqu’au terme d’un conseil de la direction palestinienne, chapeauté par le président Mahmoud Abbas, ce dernier a effacé du revers de la main cette menace et affirmé la poursuite de la coopération entre les services de sécurité des deux parties. Un torrent de condamnations s’en est suivi, émanant d’opposants classiques tels que les mouvements Hamas et le djihad islamique mais également, de l’intérieur même du camp du président, le Fatah en l’occurrence, parti qu’il dirige. Les Brigades des Martyrs El Aqsa l’aile armée du Fatah dont la création est attribuée à Marouane Barghouthi, figure de proue du mouvement national palestinien, actuellement emprisonné en Israël, ont rendu public un communiqué dans lequel ils ont fustigé le président Abbas le qualifiant de dictateur et appelé à sa destitution.

Ceci intervient alors qu’une tension palpable règne à Ramallah, siège de l’AP où le président Abbas est de plus en plus critiqué non seulement par de grandes plumes de la presse nationale et par la rue, notamment les jeunes qui diffusent des gags via les réseaux sociaux, le ridiculisant à cause de sa politique dite de concession, mais également par les siens. A en croire l’agence de presse Safa, basée à Gaza , l’un de ses plus proches collaborateurs, Yasser Abed Rabbo a lui aussi utilisé le mot dictateur pour désigner le président affirmant par exemple que lors d’une rencontre secrète avec le chef du Shin Bet, Yoram Cohen, Abbas aurait accepté d’apaiser la situation sécuritaire à Jérusalem Est en échange de mesures de confiance israéliennes. L’agence Safa ajoute qu’Abed Rabbo a également accusé Abbas de duplicité concernant son recours à la Cour pénale internationale : « Il est impossible pour lui de se tourner vers la CPI, et il n’entreprendra jamais une telle démarche » a déclaré le responsable de l’OLP, se basant sur une promesse qu’ Abbas aurait faite au secrétaire d’Etat américain John Kerry.

Yasser Abed Rabbo accuse, surtout, le président de l’AP, de nuire à la résolution palestinienne sur la reconnaissance d’un état indépendant à l’ONU en la présentant trop vite. Selon lui Abbas s’empresse de soumettre le projet de résolution palestinien au Conseil de sécurité, sans même obtenir les neuf voix nécessaires à son adoption, rendant ainsi un veto américain inutile : « Il ne veut pas embarrasser l’Amérique », aurait affirmé Abed Rabbo qui, pour rappel, a été limogé le mois dernier par Abbas. Ce dernier l’accuse d’avoir fait un pacte avec son ennemi juré, Mohamed Dahlane, membre du comité central du Fatah et du conseil législatif, actuellement en exil aux Emirats Arabes Unis.

Même son de cloche à Gaza où lors d’un rassemblement de cadres et de sympathisants du Fatah tenu cette semaine dans la salle Rachad Shawa, les attaques contre Abbas et sa politique ont fusé de toutes parts. Étiqueté Homme de concessions, Mahmoud Abbas est en perte de vitesse constante dans l’opinion publique. Des concessions qui ne sont point du goût de la population, meurtrie par des guerres successives, un siège hermétique et toutes sortes de punitions collectives, sans lueur perceptible au bout du tunnel. La base populaire affiliée au Fatah ainsi que des responsables lui reprochent d’avoir contribué à donner à leur parti l’image d’un mouvement soumis dirigé par un poltron. Une description dure émanant d’un mouvement en colère, qui s’estime l’instigateur de la révolution de la libération de la Palestine déclenchée en 1965 sous la houlette de Yasser Arafat.

La volte face de leur président quant à l’arrêt de la coordination sécuritaire qu’il a, à maintes fois qualifiée de sacrée, a eu l’impact de la goutte qui a fait déborder le verre. Pour une majorité de palestiniens, cet accord avilit leurs dirigeants qui se laissent exploiter par ceux qui les occupent. Ils considèrent que les forces de sécurité de l’AP sont devenues le « Gendarme » de l’occupation israélienne au service de sa sécurité. Ce sentiment est renforcé par le blocage du processus de paix et la poursuite de la colonisation et de l’occupation. Qu’est-ce que c’est que la coordination sécuritaire et pourquoi suscite-t-elle tant de critiques et de tension ? Conformément aux accords d’Oslo signés en 1993, la gestion administrative des zones A et B englobant, respectivement, 18% et 21 % des territoires occupés et qui implique une coopération notamment pour le passage des biens et des personnes, est attribuée à l’AP, tandis que les 61% restant où sont établies les colonies, à Israël. La sécurité a été confiée aux forces palestiniennes dans la zone A et aux forces israéliennes dans les zones B et C. Cependant et lors d’un accord signé au Caire en mai 1994, il a été convenu que les forces de sécurité palestiniennes agissent contre toute action anti israélienne, contre les colons y compris. Pour ce faire, des réunions régulières, des échanges d’informations via le bureau de coordination sont effectués et des patrouilles mixtes et des opérations conjointes sont quotidiennement menées.

Cette coordination décriée, a été suspendue lors de la deuxième Intifada par le président défunt, Yasser Arafat puis reprise avec l’avènement de Mahmoud Abbas en 2005 qui l’a par la suite reformée, l’assimilant à un gage donné à la communauté internationale, et notamment aux Etats-Unis. Un gage posé comme préalable absolu à tout accord de paix par l’état hébreux et l’administration Bush. Cette dernière a dépêché dès mars 2005 le lieutenant général William Ward avec pour mission : la supervision de la coordination sécuritaire et la refonte ainsi que la reconstruction des services de sécurité que le président Arafat a, de son vivant, toujours rejeté. William Ward fut ensuite remplacé par Le général Keith Dayton qui était en charge du recrutement, l’entraînement et l’équipement des forces de sécurité dans le cadre d’un plan global visant la construction des institutions prélude à l’établissement d’un état. Certains n’hésitent pas à dire qu’il s’immisçait dans la politique interne de l’AP en imposant les diktats de son administration au point d’être qualifié par nombre d’opposants palestiniens notamment les partis islamistes, de «l’américain venu gouverner les palestiniens ».

C’est d’ailleurs dans ce contexte que le mouvement Hamas s’était emparé du pouvoir à Gaza en Juin 2007 présentant cela comme une prévention contre une conspiration fomentée contre son pouvoir, citant un plan américain que Dayton aurait été chargé d’exécuter, intitulé : « how to sink Hamas » (comment noyer Hamas) .

« Le plan Dayton met sur pied un appareil sécuritaire non pas pour défendre notre peuple, mais pour l’empêcher de résister…il vise aussi à déstabiliser notre gouvernement légitime élu par la voie des urnes et le remplacer par le gouvernement choisi par Dayton » ne cessaient de répéter les responsables du Hamas pour justifier leur coup de force

Présentée comme une question de loi et d’ordre principalement avec pour objectifs d’ appréhender les gangs criminels, consolider les services de sécurité concurrents, interdire l’utilisation publique des armes, et localiser les voitures volées, cette réforme s’est traduite, sur le terrain, par le démantèlement des groupes armés en Cisjordanie, ainsi que la restructuration et la modernisation des forces de sécurité, pourvues de 30 000 hommes. Des unités spéciales ont été créées, notamment en matière de lutte antiterroriste, plusieurs « bataillons spéciaux » des Forces Nationales de Sécurité et une gendarmerie de 8000 membres constituant la plus grande unité des forces armées palestiniennes en Cisjordanie. Une force ,régulièrement accusée d’exactions, mais qui a réussi à rétablir l’ordre notamment à Naplouse, Jenine et Hébron hauts lieux de la résistance, en proie, des années durant à un chaos sécuritaire terrifiant, à cause de l’affaiblissement des forces policières palestiniennes suite aux coups que leur a infligés l’armée israélienne qui a réoccupé ces villes durant la 2eme intifada en 2002. Des opérations spectaculaires sont menées par ces forces qui multiplient les arrestations ,des fois arbitraires de membres ou de sympathisants du Hamas et, dans une moindre mesure, des organisations de gauche et des comités populaires en Cisjordanie .L’ensemble des factions armées de la résistance ont été contraintes à la reddition et à l ‘abandon de leurs armes poussant beaucoup de Palestiniens à considérer cela comme une collaboration pure et simple avec « l’ennemi Israélien » Pour eux , les forces palestiniennes de sécurité sont devenues des supplétifs de l’armée d’occupation.

Le plus grand coup assenée à la réputation de l’Autorité Palestinienne a eu lieu pendant la guerre israélienne à Gaza commencée en décembre 2008 lorsque Ses forces de sécurité ont réprimé des manifestations en Cisjordanie en solidarité avec Gaza. Les agents en civil ou en uniformes ont encerclé les mosquées empêché les jeunes gens de s’approcher des check-points israéliens, arrêté les protestataires et dispersé les manifestants à coups de bâtons et de gaz lacrymogènes. Le même scenario a eu lieu lors de la guerre de cet été mais il était de moindre intensité.

Abbas et l’AP sont également accusés par l’opinion publique de s’être débarrassés des officiers nationalistes palestiniens de l’ère Arafat en les obligeant à prendre leurs retraites afin de les remplacer par de nouveaux sans passé de militants ou d’anciens combattants. Des « professionnels de la sécurité », particulièrement zélés, qui ne s’encombrent guère de considérations politiques n’hésitant pas à arrêter « les héros de la résistance ».Certaines opérations se sont soldées par la mort ou les blessures de plusieurs militants.

C’est ainsi que le déclin de l’intifada 2000 et de la résistance armée en Cisjordanie a commencé avant d’être complétement étouffée dans la foulée d’affrontements entre les forces de sécurité de l’AP et les groupes armés .Un bras de fer qui a été ,en effet, le dernier signe du refus par les combattants eux-mêmes, de la politique de désarmement initiée par l’AP, qui a conduit plusieurs centaines de membres des Brigades Al Aqsa- à renoncer publiquement à la lutte armée en échange d’une amnistie de la part d’Israël, et des centaines de membres du Hamas à déposer les armes sous la pression des forces de sécurité.

Cette démarche très impopulaire est vivement contestée par une majorité de l’opinion publique qui voit la résistance armée comme un droit légitime de tout peuple sous occupation.

Sans cette coopération, Israël qui la considère comme un élément clé dans sa lutte contre les opérations de la résistance palestinienne ciblant ses soldats et ses colons en Cisjordanie et à Jérusalem Est occupée, éprouverait beaucoup plus de mal à glaner le renseignement nécessaire pour les empêcher. L’AP trouve aussi son intérêt dans la surveillance accrue du Hamas et des groupes radicaux ou djihadistes, ses principaux opposants. La coopération a fait échouer plusieurs tentatives de déstabilisation de l’Autorité palestinienne par le Hamas. Elle permet, en somme, de prévenir tout soulèvement en Cisjordanie qui pourrait se retourner contre elle.

L’Autorité palestinienne, sous l’enclume des pressions américaines et sous le marteau de son opinion publique se retrouve ainsi dans un dilemme. Elle fait face à des exigences contradictoires. Elle doit appliquer les accords sécuritaires impopulaires, empêcher toute manifestation armée et dans le même temps, elle est sensée soutenir la cause nationale palestinienne, y compris le droit à la résistance. Un dilemme qui risque de se compliquer encore davantage si les concessions faites restent sans contrepartie satisfaisante : La fin de l’occupation et l’établissement d’un état indépendant et viable.

FIN

août 23, 2016

Palestine:Le soulèvement

Classé dans : Uncategorized — RACHIDA BENMEDDOUR ABUSHAWISH ABOUCHAOUICHE @ 10:56

Les larmes et le sang qui coulent aujourd’hui en Palestine viennent rappeler que cette région du monde est une poudrière qui risque d’exploser à tout moment .

La spirale des affrontements entre soldats israéliens et jeunes palestiniens s’installe peu à peu et gagne chaque jour en intensité, les attentats isolés contre des colons se multiplient et la répression des forces d’occupation israéliennes et des colons redouble de férocité .

Ce regain de tension a atteint son paroxysme jeudi 1er Octobre lorsque des palestiniens ouvrent le feu sur une voiture transportant une famille de colons israéliens tuant sur le coup les parents devant leurs quatre enfants dans le nord de la Cisjordanie occupée, près de Naplouse .Une opération imputée au mouvement Hamas , en réponse, vraisemblablement, à l’assassinat d’un jeune Palestinien, sourd de naissance, tué quelques jours plus tôt par l’armée israélienne qui a criblé de balles sa voiture sur la même route et au même endroit. Du coup les appels des colons à la vengeance se sont multipliés.

Joignant l’acte à la parole , des dizaines d’entre eux se sont adonnés à des actes de saccage attaquant maisons ,commerces et biens palestiniens.

Selon le centre Al Ahrar pour les droits de l’homme, des colons ont perpétré durant ces derniers jours des dizaines d’agressions contre des palestiniens saccageant et incendiant vehicules , maisons, des centaines d’arbres fruitiers et des dizaines d’hectares de terre agricoles .L’organisation met l’accent dans son rapport sur le fait que l’ensemble de ces offensives ont été menées sous l’œil complice des soldats israéliens. Des agressions qui font suite au supplice d’une famille palestinienne, dont un bébé de quelques mois, brulée vive en juillet dernier à l’entrée de Kafr Douma, près de Naplouse. Selon des responsables des services de sécurité palestiniens, quatre colons faisant partie d’un groupe extrémiste nommé “le prix à payer “ont mis le feu à leur maison . Ce crime est resté impuni. Un phénomène qui n’est guère nouveau. Depuis des années, des colons extrémistes ainsi que des activistes d’extrême-droite se livrent sous le slogan «le prix à payer» à des agressions et des actes de vandalisme contre des Palestiniens, des Arabes israéliens ainsi que des lieux de culte musulmans et chrétiens. Si dans le passé ,ils agissaient dans l’ombre de peur d’être sanctionnés ,aujourd’hui et depuis l’avènement de l’extrême droite au pouvoir, il agissent au grand jour ,en toute impunité.

Des sources et des témoins palestiniens affirment même que plusieurs tentatives d’assassinat dont se disent victimes des colons ne sont ,dans les faits, que pure invention de ces derniers. Le cas de Fadi Aloun ,un jeune palestinien de Jérusalem Est, abattu devant les objectifs de caméras par la police pour avoir prétendument tenté de poignarder un colon est largement relayé sur les réseaux sociaux. Selon son père ,les colons inventent des prétextes pour tuer des palestiniens.

« Les vidéos de la scène montrent un groupe de colons pourchassant mon fils qui essayait de courir vers un voiture de police israélienne pour sa protection mais la police l’a abattu », a notamment dit le père jurant que la version israélienne des faits est un mensonge.

Loin de calmer le jeu, le premier ministre Benyamin Netanyahou a ,comme à l’accoutumée, affiché une réponse purement sécuritaire promettant une « offensive très dure contre le terrorisme palestinien ».Dans une allocution diffusée par les médias il a affirmé qu’il donnait toute latitude d’action à la police à laquelle il ne poserait aucune limite “. Un blanc seing clair et net à faire usage de tous les moyens de répression contre les manifestants palestiniens réitérant ainsi ses consignes données il ya quelques jours, à ses forces ,d’user de balles réelles contre tout lanceur de pierre .Une ligne dure que les observateurs expliquent par les pressions auxquelles il est apparemment soumis .Pression des membres de son gouvernement, l’un des plus à droite de l’histoire d’Israël, qui critiquent ouvertement son inefficacité mais également celle des colons qui mènent manifestation après manifestation l’appelant à plus de répression et à plus de colonisation.

Après une réunion du mini cabinet sécuritaire avec des responsables de l’ordre public, Il a décrété l’état d’urgence, décidé de renforcer la présence policière , ordonné, comme à l’accoutumée la destruction des maisons des auteurs d’attentats , annoncé l’intensification des détentions administratives et interdit l’accès à l’esplanade des mosquées.

Ces mesures ont été traduites sur le terrain par une multiplication des patrouilles et des incursions dans les villes de Cisjordanie grâce au déploiement de quatre bataillons.

Résultat: La colère et la tension montent, les affrontements se multiplient et les enterrements s’enchainent au même rythme que les balles qui fauchent des vies et font des blessés .Ceci ,outre les démolitions de maisons, les arrestations ,les perquisitions et les confiscations de nouvelles terres dans le cadre de nouvelles mesures punitives prises par le gouvernement israélien marquant une nouvelle escalade qui pourrait propulser le conflit israélo palestinien dans une nouvelle dimension où l’embrasement et la violence régneraient en maitre et pour longtemps .

Ces mesures répressives et vindicatives qui ont pourtant déjà prouvé, par le passé leur impuissance à juguler les vagues de violence spontanées, sont accompagnées d’une surenchère verbale contre les responsables palestiniens et à leur tête le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à qui Israël impute la responsabilité de l’escalade.

Invitant le gouvernement israélien à agir pour une solution politique ,ce dernier a affirmé vouloir éviter que ces affrontements ne dégénèrent en confrontation militaire :

« Nous ne voulons pas d’une escalade militaire ou sécuritaire. Les instructions données aux services de sécurité, aux différentes factions et aux jeunes disent clairement que nous ne voulons pas d’escalade mais quand un groupe de colons vient attaquer un village à quelle réponse vous attendez vous? >> a t-il notamment souligné .

Fondamentalement opposé à la violence, Mahmoud Abbas a ,cependant, peu de chance d’être écouté cette fois ci. Il semble ,en effet dépassé par son opinion qui ne le suit plus .Une

opinion qui pense qu’après plus de 20 années d’experience,il est clair que des négociations stériles comme seul moyen pour arriver à la paix n’est plus un choix défendable .

D’ailleurs, d’après une enquête élaborée par le Centre palestinien pour la recherche politique et les études stratégiques, une majorité de Palestiniens serait pour un soulèvement armé contre Israël. Les factions toutes appartenances confondues ne cessent de l’ interpeller pour qu’ils tienne compte de l’évolution de la dynamique actuelle prévalant dans les territoires palestiniens .Dans une conférence de presse tenue à Gaza et animée par les représentants des différentes mouvances nationales et islamiques dont le Hamas l’accent a été mis l’importance d’élaborer une nouvelle stratégie commune et d’avoir ” une position palestinienne unifiée qui reconnaît que l’intifada est une réalité sur le terrain <<Une intifada qui doit continuer>> insistent ils et pour ce << l’AP doit cesser sa coordination sécuritaire avec israel >> . Il faut dire que la marge de manœuvre des groupes armés et des manifestants palestiniens est foncièrement limitée par cette coopération sécuritaire que l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas s’est engagée à respecter en dépit de son impopularité auprès de l’opinion publique.

Oui mais, apparemment aujourd’hui, les deux camps israélien et palestinien, ne semblent avoir pour seule perspective qu’une escalade de la haine réciproque et de la violence laissant peu de chance à une quelconque perspective d’amélioration de la situation . Cela laisse la porte , grande ouverte, à la possibilité d’un déclenchement d’un nouveau conflit sanglant ,une troisième Intifada. En tout cas les ingrédients nécessaires laissant présager une telle perspective sont aujourd’hui bel et bien réunis. Parmi ces ingrédients se trouvent l’absence d’horizon politique, la répression israélienne, le renforcement de la colonisation, l’impunité des colons et les tensions à Jérusalem . Depuis l’été 2014 déjà, marqué par le conflit armé dans la bande de Gaza, Jérusalem-Est est le théâtre d’échauffourées quasi quotidiennes. À l’origine, l’inquiétude autour du site très sensible de l’esplanade des Mosquées ,El Aqsa notamment , encore une fois au centre des frustrations des Palestiniens qui l’ estiment en danger alors que les extrémistes juifs l’investissent quotidiennement appelant à son partage prélude à sa destruction pour la construction du troisième temple à sa place. Mais au delà de ces enjeux ,c’est l’effondrement du projet national palestinien d’édifier un véritable état libre et souverain et la poursuite de l’occupation qui viennent attiser encore davantage la colère et provoquer une recrudescence des violences. Certes le sentiment de désespoir est dominant depuis bien longtemps, mais l’effondrement des pourparlers de paix, sous la houlette des américains, l’ont renforcé encore plus, poussant le peuple dans un scepticisme certain quant à l’ensemble du processus de paix.

En Palestine aujourd’hui, on est encore loin de voir la lumière au bout du tunnel.

FIN

La colère de la génération d’Oslo

Classé dans : Uncategorized — RACHIDA BENMEDDOUR ABUSHAWISH ABOUCHAOUICHE @ 10:52

La Troisième Intifada a commencé.”Intifada d’Al Quds” pour les uns et “l’intifada des couteaux” pour les autres. Chaque jour qui passe vient confirmer cette éventualité.

La situation reste extrêmement tendue dans les territoires palestiniens, à Jérusalem Est occupée notamment où La révolte des jeunes palestiniens s’accentue de jour en jour. La liste des morts et des blessés ne cesse de s’allonger au rythme des attentats, tantôt au couteau tantôt à la voiture bélier, mais aussi et surtout, de la répression de l’armée d’occupation israélienne qui a officiellement carte blanche pour tirer sur tout suspect et même contre les lanceurs de pierres.

Outre des centaines de blessés ,35 palestiniens au moins et sept israéliens ont été tués ces deux dernières semaines illustrant clairement la gravité de la situation. Une situation qui ne cesse de se détériorer mais qui ne semble point entamer la détermination des jeunes à poursuivre leur mouvement de colère que tout porte à croire qu’il va se poursuivre pour se muer en ce qu’on peut désormais appeler “la Troisième Intifada.”Intifada d’Al Quds” pour les uns et “l’intifada des couteaux” pour d’autres. Chaque jour qui passe vient confirmer cette éventualité.

Depuis le 1er Octobre ,des centaines de jeunes ,les visages couverts par le symbolique keffieh palestinien et armés de pierres, de cocktail Molotov ou de frondes, se donnent quotidiennement rendez vous au niveau des zones de friction et des barrages militaires israéliens dans plusieurs villes de Cisjordanie . Un mouvement suivi quelques jours plus tard par des jeunes dans la bande de gaza qui ont pris d’assaut à plusieurs reprises, le terminal d’Erez au nord et celui de nahal Oz au centre dont ils ont brisé le portail accédant à l’intérieur même du territoire israélien. Aux jets de pierre les soldats israéliens ont riposté par des bombes de gaz lacrymogène ,des balles en caoutchouc et réelles faisant des dizaines de morts et de blessés.

A première vue, cette révolte est différente des précédentes . Sa particularité, est de n’être encadrée par aucune des organisations traditionnelles palestiniennes, laïques comme le Fatah ,le Fplp ou religieuses comme le Hamas ou le Jihad Islamique. Elle est individuelle. Le manque d’organisation et de coordination et son caractère sporadique l’attestent. Les jeunes agissent en cavalier seul et s’en vont soit lancer des pierres ou poignarder un soldat ou un colon. Pour le moment ,elle n’a pas encore réussi à mobiliser l’ensemble des masses palestiniennes mais cela n’est apparemment qu’une question de temps affirme une majorité d’observateurs palestiniens.

“Le désespoir et le pessimisme priment sur tout pour cette jeunesse palestinienne rongée par le chômage et la pauvreté” Souligne Talal Okaili ,un politologue palestinien qui affirme que “cette génération est lasse de l’amertume de l’occupation, lasse d’avoir une vie misérable et humiliante, lasse d’avoir en Cisjordanie, par exemple ,pour seul horizon un mur qui lui bloque la vue et la vie , des checks points qui transforment tout déplacement vers l’universités ,l’ école , le bureau ,l’usine ou le champ à labourer en véritable parcours du combattant et dans la bande de gaza des bombardements quasi quotidiens en plus d’un bouclage hermétique qui l’a réduite en une prison à ciel ouvert où la vie sera impossible dans quelques années selon l’ONU!! ”

Selon lui “”les jeunes de cette génération sont avides de vie contrairement à ce que racontent les israéliens, mais une vie digne de ce nom! Ils sont en colère! Ils voudraient pouvoir se déplacer librement , Ils voudraient être libre d’aller prendre un pot à Tel Aviv ,manger du poisson à Haïfa ,voir les cousins à Nazareth ou à Jaffa …Des rêves simples et légitimes pour tout être humain mais qui relèvent de l’impossible ici à cause des affres de l’occupation … Et puis, poursuit -il , Il ne faut pas oublier que ces jeunes qui n’hésitent plus à affronter les soldats d’occupation avec des pierres ou des couteaux et qui sont nés dans la foulée des accord d’Oslo sont très instruits et très bien informés grâce à internet et aux réseaux sociaux qui leur permettent de tirer leurs propres conclusions et donc ne croient plus aux promesses faites à leurs ainés qu’ils jugent trop crédules .Pour eux l’espoir généré par le processus de paix n’est que mensonge et illusion …22 ans de négociations stériles sont là pour rappeler la véracité de cet amer constat”".

En effet, Le contexte politique, social et économique dans son ensemble encourage l’installation ,tôt ou tard, d’une insurrection de longue haleine. c’est le désespoir devant l’absence d’horizon et devant la destruction par Israël des conditions de la paix qui en est la raison principale.

Pas de solution à deux États en perspective ,la situation économique ne cesse de se détériorer, le chômage bat son plein atteignant des taux alarmants…bref tout espoir d’un avenir meilleur est balayé d’où la colère des jeunes instigateurs de cette rébellion .

“”C’est clair, ces jeunes veulent bâtir de nouvelles structures populaires de résistance. Resistance contre l’occupation, l’apartheid institutionnalisé , la colonisation qui dévore la Cisjordanie mais aussi les actions des colons qui se sont mués en milices bien armées, bien organisées voulant démolir la mosquée al Aqsa pour en faire leur temple, menant, par ailleurs, raids après raids contre les palestiniens et leurs biens afin de les faire fuir”" estime Zayed midouk un journaliste palestinien qui évoque “L’assassinat horrible, l’été 2014 de Mohamed Abu Khdeir un adolescent brûlé vif à Jérusalem suivi de celui de la famille Dawabshah à Dima les présentant non seulement comme exemples édifiants mais comme principaux catalyseurs du mouvement de colère d’autant plus qui ‘ils sont restés impunis.”

Zayed pense que cet élan de colère est porteur de plusieurs messages adréssés d’abord à la communauté internationale lui signifiant que le processus de paix enclenché à Oslo est mort et que son silence est complice puis à l’AP afin qu’elle cesse sa coopération sécuritaire avec Tel Aviv et enfin à israel à qui ils disent que désormais ils répondront aux attaques impunies de son armée ou de ses colons par les moyens qu’ils jugeront bons”

Cette stratégie a permis à la peur de changer de camp puisque aujourd’hui un véritable climat de terreur règne en Israël. Les habitants ont réduit leurs sorties au strict nécessaire, évitant les transports en commun , les terrasses de restaurants et de café ou les places publiques. Même des spécialistes de l’autodéfense sont conviés sur les plateaux de télévisions pour montrer comment contrer les attaques au couteau.

Cette psychose a ,cependant , également porté préjudice aux palestiniens qui se retrouvent suspects et risquent d’être abattus au moindre geste brusque. Plusieurs cas d’exécution de palestiniens dont des enfants, ont été rapportés par les médias et les réseaux sociaux parce que suspectés d’être en passe de commettre des attentats. D’autres ont carrément été pris pour cibles par des israéliens à coup de couteau ou de poing pour la simple raison d’être arabes. Le climat de haine et de désir de vengeance est tel qu’un juif a poignardé un autre le prenant pour un palestinien. Le tout alimenté par une guerre d’images et de déclarations incendiaires de part et d’autre .

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou,qui a depuis le début adopté une attitude purement sécuritaire donnant toute latitude d’action et de répression à ses forces armées a également ordonné de nouvelles sanctions, telles que la destruction des habitations de Palestiniens responsables d’attentats et la révocation du statut de résidents à leurs familles . A Jérusalem Est occupée, désormais morcelée par une trentaine de barrages militaires l’étau a été foncièrement resserré. Des détecteurs de métaux et des caméras ont été installés et en plus des forces armées, 2 000 policiers supplémentaires ont été déployés. Certains ministres israéliens appellent à ” réoccuper carrément l’ensemble de la Cisjordanie” soulignant que ce qui compte c’est ” la protection des citoyens israéliens des agressions terroristes palestiniennes”

“Des mesures punitives qui dévoilent le vrai visage d’Israël qui selon sa logique l’agresseur est la victime et la vraie victime est l’ agresseur !” s’indigne Talal Okaili qui rappelle que “le soulèvement se passe à Jérusalem Est et en Cisjordanie qui sont des territoires palestiniens occupés et donc c’est une résistance légitime à l’occupation” .

Une résistance également bénie par le président Abbas qui après un long silence critiqué par la rue ,s’est adressé au peuple palestinien dans une allocution télévisée l’appelant à “maintenir une lutte nationale pacifique” en réaffirmant que “la Palestine allait continuer de se défendre contre les agressions des colons”. Abbas a également assuré que ” la Palestine ne serait jamais l’otage d’accords qu’Israël ne respecte pas” en référence vraisemblablement , surtout , à la coopération sécuritaire qui tuait dans l’œuf ,par le passé, toute tentative de soulèvement.

La non intervention de la police palestinienne pour dissuader les manifestants d’aller vers les points de friction est perçue comme un feu vert tacite à la poursuite de l’intifada.

FIN

juillet 9, 2016

CPI :lAutorite Palestinienne passe à l’offensive(un an après …toujours rien!!)

Classé dans : Uncategorized — RACHIDA BENMEDDOUR ABUSHAWISH ABOUCHAOUICHE @ 8:22

 Le 09 juillet 2015

Après avoir brandi la menace à plusieurs reprises, l’Autorité Palestinienne relève le défi et  passe finalement  à l’acte en soumettant  jeudi  25 juin 2015, son premier dossier  contre Israël ,devant la Cour Pénale Internationale.

Objectif:  prouver non seulement que des crimes graves ont été commis mais qu’ils sont assez graves pour que  Fatou Bensouda, la procureure générale, déclenche une enquête . Cette dernière avait ouvert en janvier  dernier un examen préliminaire afin de déterminer si elle disposait  d’éléments  tangibles pouvant permettre l’ouverture d’ une telle  enquête dans la foulée  de la guerre dont était le théâtre  la bande de Gaza à l’été 2014.

 Une guerre d’une violence inouïe et sans précédent qui a fait plus de 2000 morts laissant un gout amer dans la bouche des palestiniens , toutes appartenances confondues. Ils souhaiteraient voir Israël ,ce pays “au dessus des lois” ne plus jouir de l’impunité et payer aujourd’hui pour ses exactions et ce en  apportant des preuves démontrant la responsabilité de  ses plus hauts dirigeants militaires et politiques , notamment en ce qui concerne des crimes  commis contre la population civile .

A cet égard,  Ryad  al Malki chef de la diplomatie palestinienne qui s’est rendu à la haye ,se montre confiant « L’Etat de Palestine a promis de coopérer avec la Cour, notamment en lui fournissant des informations pertinentes, et c’est ce qu’il fait », a t-il déclaré devant le siège de la CPI, à La Haye.

  Ecartant tout intention vindicative ,le responsable palestinien a affirmé que l’AP disposait de chiffres, de cartes et même d’images satellites ajoutant que “ Le dossier qui a été soumis  s’attelle  à corroborer que les violations commises par Israël font partie d’une politique planifiée, délibérée et systématique” .

Les documents remis à la CPI portent sur trois grands paramètres :l’agression contre Gaza ,la colonisation et la question des prisonniers politiques. Selon Mustapha Barghouthi  membre du comité palestinien chargé du  suivi de la plainte ,outre les crimes perpétrés contre la population civile dont 500 enfants ,les bombardements aléatoires ,l’usage abusif de la force et la démolition des habitations à gaza, le dossier met à nue la colonisation qui, explique t-il, est une politique officielle de l’occupant israélien constituant  un crime au regard du droit international , Car elle implique une série de violations  telles que l’expropriation des Palestiniens de leurs terres et leur déplacement forcé au profit des colons.

Barghouthi ajoute que le dossier met également en exergue les injustices dont sont victimes les milliers de prisonniers politiques palestiniens  qui croupissent dans les geôles israéliennes telles que les arrestations arbitraires qui n’épargnent pas même les députés, la détention administrative sans chef d’inculpation ni procès, le mauvais traitement et la torture .

Ces trois grands dossiers étaient à l’ordre du jour des négociations entre les responsables palestiniens et israeliens .Des négociations qui ont échoué n’augurant rien de bon quant à l’avenir du processus de paix.  Voilà pourquoi les Palestiniens ont  décidé  de durcir leur confrontation avec Israël en  utilisant toutes les armes juridiques que leur confère leur statut d’État observateur non-membre à l’ONU, acquis depuis novembre 2012. Un statut qui leur a ouvert la possibilité d’adhérer à toute une série de traités et de conventions internationales hormis la cour pénale  qui est compétente pour poursuivre des auteurs présumés de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis depuis le 1er juillet 2002.                                  

 

Le recours à la Haye illustre clairement leur exaspération de voir toutes leurs démarches diplomatiques pour relancer les négociations et aboutir à une solution au conflit les opposant à l’occupation israélienne   depuis  près de 7 décennies, se solder par un cuisant échec à cause du piétinement et les tergiversations des dirigeants successifs israéliens affichés lors des négociations interminables qui ont duré plus de 20 longues années .

 Y a-t-il une réelle chance de voir des dirigeants israéliens présumés coupables,  poursuivis par la CPI? Théoriquement et conformément au droit international oui, mais les experts qui connaissant bien les rouages de la cour pénale en doutent fort.

Selon Amir jaara ,politologue et expert en droit  ,l’état hébreux, qui n’est pas signataire du statut de Rome et qui ne reconnait pas la CPI,  ne semble guère inquiet, fort de l’expérience de l’enquête menée par le juge sud africain   J.R Goldstone  lequel après avoir conclu en 2009 ,dans son rapport, qu’Israël avait délibérément tué des civils lors de l’opération militaire plomb durci en 2008, il s’est  finalement rétracté  dans une tribune publiée dans le Washington Post, réduisant à néant tout espoir de  juger les violations d’Israel. Hormis cela, Selon  lui   “le statut de la Palestine comme État observateur non membre, qui est lui-même  assez ambigu, pose problème car  seule la procureure Fatou Bensouda, a la capacité de décider, sans être aucunement obligée par la loi, si la plainte est recevable ou pas, s’il y a lieu d’inculper quelqu’un ou pas, d’ouvrir ou non  un examen préliminaire sur les accusations rapportées. Des pressions sur elle peuvent tout faire capoter “a t-il conclu.

D’ores et déjà les Etats Unis ont indiqué être opposés à une action contre Israël. Il est certain qu’ils   ne vont pas manquer de faire pression en coulisse sur le tribunal de La Haye pour que soient rejetées les plaintes soumises . Ils  peuvent à cet égard, menacer le financement de la CPI et passer à l’offensive,  comme au Conseil de Sécurité le 30 décembre dernier pour que la résolution palestinienne pour un statut d’état n’ait pas la majorité nécessaire.

D’autres experts en droit international, affirment aussi que déposer plainte contre Israël pourrait être plus préjudiciable à la Palestine qu’à Tel Aviv qui Selon eux, riposterait  certainement contre des responsables palestiniens, des membres du Hamas  et des autres factions, en les accusant d’attaques délibérées contre des cibles civiles en Israël.

 

Ces hypothèses pessimistes n’ont cependant pas entamé la détermination de l’AP à poursuivre son entreprise. Elles ne semblent pas faire peur, non plus, aux experts palestiniens  qui se disent conscients des enjeux  et prêts à relever le défi d’une bataille qui promet d’être de longue haleine.

FIN

http://www.lindro.it/cpi-lautorite-palestinienne-passe-a-loffensive/

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juin 13, 2016

LES TUNNELS DE GAZA

Classé dans : Uncategorized — RACHIDA BENMEDDOUR ABUSHAWISH ABOUCHAOUICHE @ 12:18

Les tunnels de Gaza

Ce n’est plus un secret pour personne aujourd’hui que Sous la Bande de gaza se trouve un réseau complexe de tunnels. Un réseau tellement important que certains n’hésitent pas à parler d’un monde souterrain parallèle, d’une ville sous une ville. Que cette qualification soit exagérée ou pas il n’en demeure pas moins que ces tunnels constituent un moyen rusé pour Améliorer, un tant soit peu le quotidien difficile des habitants. Une sorte de système D propre aux gazaouis pour contourner le blocus qui a transformé la Bande de Gaza en prison à ciel ouvert et la vie des quelques 1 million 900 mille âmes qui y habitent, en cauchemar. Ce sont, il faut l’admettre, la quintessence de l’esprit de survie.

Oui mais ,comble du paradoxe, ils sont également une source de malheur et de souffrance inouïes car ils sont ,entre autres, à l’origine de plusieurs offensives israéliennes dont la dernière remonte à l’été dernier et qui fut l’une des plus sanglantes et des plus meurtrières .En effet l’un des arguments ressassé telle une litanie par l’état hébreux pour justifier les massacres perpétrés par sa machine de guerre qui a bombardé des centaines de maisons et même rasé des quartiers entiers est l’existence et le démantèlement de ces fameux passages souterrains notamment ceux destinés aux opération de résistance qualifiées de terroristes par Israël.

Là Il est important de signaler qu’il existe trois sortes de tunnels : ceux reliant la Bande de Gaza à l’Egypte, servant à la contrebande de marchandises et l’exfiltration de personnes désireuses de se rendre à l’étranger, ceux creusés par les mouvements de résistance dont le Hamas et qui débouchent aussi sur l’Egypte permettant l’approvisionnement en armes, en munitions et en argent liquide et ceux menant au territoire israélien avec l’objectif premier d’y mener des opérations de résistance .Ces tunnels, ultra secrets ,sont l’apanage exclusif du mouvement Hamas.

ILS sont aujourd’hui, plus que jamais, la principale préoccupation de l’état hébreux qui se retrouve face à un phénomène nouveau ayant prouvé son efficacité à menacer la quiétude de ses citoyens et contre lequel tous les moyens usités sont restés vains. Les israéliens ont découvert, avec stupeur, son ampleur lors de l’opération ‘’Bordure protectrice’’ quand les combattants du Hamas ont, via ces tunnels, multiplié leurs opérations contre des bases de l’armée à l’intérieur du territoire israélien et lors de combats sur le terrain, infligeant des pertes importantes aux soldats d’Elite pourtant renommés pour leur professionnalisme et leur efficacité et ce pour la première fois depuis le début du conflit israélo palestinien. Ceci en plus de la capture de soldats que le Hamas affirme détenir et qu’il compte user comme carte de pression lors des négociations prévues prochainement.

Détruire ces tunnels est, du coup, devenu l’une des priorités majeures du gouvernement Netanyahu. Mais peut-il parachever cet objectif sachant qu’il a essayé tous les moyens allant des plus primitifs aux plus sophistiqués sans pouvoir pour autant réaliser des résultats probants ? Les autorités israéliennes admettent par la voix de sa presse et ses responsables que rien ne garantit que les tunnels puissent être découverts dans leur totalité, et personne ne peut mettre au point un mécanisme à même d’empêcher les groupes armés d’en édifier de nouveaux. L’armée dit avoir trouvé et éliminé une trentaine alors que les Etats Unis, se basant sur des informations du satellite NRO et de la NSA avancent le nombre de Soixante tunnels. En dépit de ce constat plutôt pessimiste et au lieu de favoriser un règlement politique mettant fin aux affres de l’occupation , Israël a privilégié la manière forte la plus radicale bombardant maisons, mosquées et hôpitaux au moindre soupçon. Cet été comme en 2012 et lors de l’opération « Plomb durci » en janvier 2009, ses avions, ses hélicoptères et ses chars ont pilonné l’enclave assiégée, sans distinction aucune, entre combattants et civils , semant mort et terreur au point de se mettre en situation d’accusé de crimes

de guerre par la majorité de l’opinion internationale ,y compris ses amis traditionnels ayant l’habitude de fermer les yeux quoi qu’il fasse.

Compte tenu de la densité de la population sur ce si petit territoire, partout les Palestiniens seront bouclier humain car les tunnels sont construits dans les entrailles de la bande de gaza. à l’insu de la population palestinienne qui se retrouve à chaque offensive la première victime de la répression. Un bon nombre des ouvertures des tunnels se trouverait dans des maisons ou autres biens privés tenus top secret.

« Pour les éradiquer il faudrait raser toute l’enclave et nous avec ! » s’exclame Oum mhamed qui a perdu sa maison lors d’un bombardement contre choujaya. Elle avoue avoir du mal à croire que ces galeries souterraines réellement existent. « Si ces tunnels sont réellement sous nos pieds ils ont été édifiés en secret, moi je n’ai rien vu …Il n’empêche que c’est nous qui payons de lourds tributs à chaque offensive » a-t-elle souligné avant d’ajouter l’air abattu « je n’ai d’autre choix que d’accepter ma destinée, rester patiente et attendre la fin de ce cauchemar »

L’origine des premiers tunnels remonte à l’époque où la ville frontalière de Rafah a été divisée en deux parties, dans le cadre du traité de paix israélo-égyptien de 1979.Une division qui a poussé des familles palestiniennes, désormais séparées, à creuser les premiers passages secrets comme un moyen facilitant visites et communication. Les seconds ont, par contre commencé à voir le jour au milieu des années 2000 pendant la deuxième intifada avec l’objectif principal de capturer des soldats israéliens afin de les utiliser comme monnaie d’échange contre des prisonniers palestiniens croupissant dans les geôles israéliennes. Le kidnapping du soldat Guilad Shalit, resté en captivité près de cinq ans aux mains du mouvement Hamas, a été effectué grâce à ce genre de tunnels. Une opération qui avait, pour rappel, également fait deux morts parmi les soldats israéliens.

Au fil des années, les tunnels sont devenus un projet stratégique qui sert aussi bien des visées défensives qu’offensives. C’est à partir des tunnels que la bataille est administrée et que les obus sont fabriqués, développés ou perfectionnés. .

Le nombre des tunnels s’est multiplié dans la foulée du coup de force du mouvement Hamas en 2007 lorsqu’Israël a imposé un bouclage total sur gaza créant des pénuries de toutes sortes lourdes de conséquences. Pas de denrées alimentaires, pas de médicaments, pas de gaz ni carburant ni électricité… Bref une situation humanitaire catastrophique très astreignante. Les islamistes qui ont pris le pouvoir ont aussitôt pris le contrôle du trafic des tunneliers imposant taxes et pourcentage sur chaque tunnel et sur chaque produit transitant par ces tunnels. Une source de revenus très importante qui leur apporte des millions de dollars chaque année. Ils ont même crée un ministère ad hoc chargé de ce trafic très lucratif qui, ajouté aux aides qataries et iraniennes, leur a permis de gérer aisément Gaza et de développer et industrialiser ce nouveau business.

Du coup la ville de Rafah frontalière , jadis connue pour la pauvreté de ses habitants et le taux de chômage élevé qui frappe sa population, a mué en « capitale économique » de la bande de Gaza où le business de ce monde souterrain bat son plein faisant un nombre important de millionnaires. Tout passe, allant des simples produits de consommation, au carburant, l’électroménager, téléphones portables, bétail jusqu’ aux véhicules ! Certains tunnels sont à quelques mètres sous terre, d’autres à près de trente mètres et plus. Bon nombre d’entre eux sont dotés de câbles électriques, de lignes téléphoniques, de systèmes d’aération et d’alimentation en oxygène et même d’ascenseurs ou de rails facilitant les déplacements. Ce sont des tunnels appelés VIP proposés aux plus nantis !

Cet « âge d’or » n’a cependant pas fait long feu. Après la chute du régime de Morsi issu des frères musulmans ,les autorités égyptiennes ont procédé à la démolition systématique de ces tunnels

accusant le mouvement Hamas d’être impliqué dans des attentats contre ses forces armées et de prêter main forte aux djihadistes égyptiens qui sévissent dans le Sinaï .Des sources sécuritaires égyptiennes largement relayées par les médias du pays ont ,par ailleurs , affirmé que « le Hamas et d’autres milices djihadistes palestiniennes ont avec l’aide de contrebandiers bédouins et d’insurgés, mis au point une infrastructure souterraine de roquettes et de tunnels dans le Nord-Est du Sinaï destinée à résister à d’éventuelles attaques Israéliennes, en cas d’invasion terrestre de grande envergure dans la Bande de Gaza ».

Des accusations réfutées en bloc par le mouvement Hamas qui, privé de ressources financières, suite à la fermeture de la quasi-totalité des tunnels, a dû faire face à une crise financière des plus ardues et à un isolement politique l’obligeant à accepter la réconciliation avec le mouvement Fatah et à accepter de renoncer au pouvoir à l’avantage de l’Autorité Palestinienne.

Une Autorité qui doit s’atteller, maintenant ,à reconstruire Gaza dévastée par l’opération Bordure Protectrice et à œuvrer pour la levée totale du blocus qui pourrit l’existence de ses habitants.

Une condition sans laquelle les tunnels reprendront du service quelles que soient les entraves et les restrictions.

Un exemple concret illustrant cette hypothèse : la fuite vers l’Egypte de milliers de palestiniens par les tunnels malgré les mesures drastiques du gouvernement de Sissi qui a non seulement posté des patrouilles le long des frontières mais affirmé avoir détruit plus de mille tunnels.

La fuite de ces Palestiniens a été mise en exergue, le mois dernier ,suite au naufrage de deux navires l’un au large des côtes de Malte et l’autre dans les eaux territoriales égyptiennes alors qu’ils tentaient de rejoindre clandestinement l’Europe. Un naufrage qui a fauché la vie à des centaines d’entre eux dont des femmes et des enfants.

Un drame de plus, mais sans lequel, on n’aurait jamais su que les tunnels restaient opérationnels malgré tout.

FIN

juin 12, 2016

Gaza ,prison à ciel ouvert

Classé dans : Uncategorized — RACHIDA BENMEDDOUR ABUSHAWISH ABOUCHAOUICHE @ 3:16

Gaza , prison à ciel ouvert
Imaginez qu’après un séjours à l’étranger, vous voulez rentrer chez vous ,mais pour cela, vous êtes obligés de prendre l’avion et d’ atterrir à l’ aéroport d’un pays voisin ,le seul ayant des frontières terrestres avec votre pays lequel , il faut le préciser, n’est doté ni d’aéroport ,ni de port et qui plus, est sous occupation et sous blocus hermétique. Une fois sur place, les autorités de ce pays étranger confisquent votre passeport ,vous interdisent de quitter les lieux et vous empêchent de rentrer chez vous. Si cela relève de l’inconcevable pour les humains du monde, c’est une situation fréquemment vécue par les palestiniens voulant rallier Gaza et qui sont obligés de passer par l’Egypte.
Ils sont des dizaines à vivre ,actuellement ce cauchemar , à l’aéroport du Caire où ils sont bloqués depuis plusieurs semaines sous prétexte que le terminal de Rafah, seule brèche menant à la Bande de Gaza, est fermé.
L’Egypte, qui l’ouvre et le ferme à sa guise , a émis un ordre interdisant à tout palestinien ,même transitaire, de fouler le sol Egyptien. Une décision qui remonte à juillet 2013 lorsque le maréchal Abdelfatah Al Sissi a pris le pouvoir au détriment de l’islamiste Mohamed Morsi dont le mouvement Hamas est accusé d’être le partisan.
D’ailleurs, Les autorités égyptiennes avaient publié ,à l’époque, un ordre dans tous les aéroports du monde stipulant qu’ aucun Palestinien n’est autorisé à entrer en Egypte en provenance de n’importe quel pays dans le monde, même s’il est détenteur d’un visas ou d’une carte de séjours égyptienne. Mis devant le fait accompli, les palestiniens indésirables sont ,depuis lors , obligés de se résigner à accepter leur sort devant l’arbitraire , ne pouvant ni regagner le terminal de Rafah, ni rebrousser chemin, ni aller ailleurs .Ceux qui ont la chance d’avoir des passeports étrangers ou un visas ,ces sauf conduits indispensables à même de leur ouvrir les portes, ont d’infimes chances de prétendre à une autre destination de leur choix. Les autres n’ont d’autre alternative que de prendre leur mal en patience et d’attendre ,attendre et attendre des jours, des semaines et même des mois. Tout dépend du bon vouloir des autorités qui les parquent ,tel du bétail , loin des yeux des autres passagers, dans les sous sols de l’aéroport, dans des salles exigües ,sans aération , à même le sol ,n’ayant que les murs pour s’adosser ou leurs bagages comme sièges ou comme coussins ,une fois extenués par les interminables attentes. Pour manger ou aller aux toilettes ,par exemple, ils sont obligés de demander la permission des policiers qui les escortent partout comme des criminels. Qu’ils soient enfants, adultes ,femmes ou hommes ;cadres , étudiants ou même détenteurs de passeports VIP; islamistes ou laïcs, ils sont systématiquement mis à l’écart ,souvent humiliés ,bousculés et même insultés s’ils expriment une quelconque opposition .
Quand les autorités égyptiennes daignent enfin ouvrir le poste frontalier ,ils sont regroupés dans des bus puis emmenés sous escorte policière directement aux frontières avec interdiction formelle de toute escale en cours de route .En théorie, c’est le mouvement Hamas qui est accusé de prêter main forte aux islamistes de Morsi ,mais dans les faits c’est l’ensemble des Gazaouis qui est puni. C’est le prix à payer quand on est palestinien ,se résigne à dire, impuissant, tout habitant de Gaza se trouvant dans cette situation.
Ceux qui sont actuellement bloqués au Caire , à l’instar de leurs nombreux prédécesseurs, ne cessent depuis des jours de lancer des appels pour qu’on mette un terme à leur supplice. Dénonçant des conditions inhumaines et un mauvais traitement ,ils trouvent inconcevables qu’ils ne puissent rentrer chez eux. Ils se sont adressés aux autorités égyptiennes mais également aux responsables palestiniens dont l’ambassadeur accrédité au Caire Jamal Choubaki et notamment le président Abbas, auxquels ils ont expliqué le calvaire qu’ils vivent, soulignant qu’il ya parmi eux des familles ,des enfants et des vieillards dont certains sont à court d’argent ou malades. Des appels qui risquent de rester, comme à l’accoutumée, sans écho , l’Egypte ,invoquant la situation sécuritaire qui prévaut dans le Sinaï, et que le gouvernement Sissi pose comme l’une des raisons principales à l’origine de la fermeture des frontières. Des raisons rejetées par la majorité de l’opinion palestinienne pour la simple raison que la situation de bouclage perdure depuis bientôt une décennie, bien avant l’insurrection actuelle menée par les djihadistes au Sinaï et le mauvais traitement infligé aux voyageurs palestiniens a toujours été une particularité égyptienne moult fois dénoncée par les organisations des droits de l’homme locales et internationales.
Cette situation s’est foncièrement aggravée ,ces derniers temps ,surtout depuis la prise de pouvoir, il y a un an et demi, du maréchal Abdel Fattah Al-Sissi en Egypte.
A l’issue de l’attaque meurtrière perpétrée à Cheikh Zouiyed le 25 octobre dernier ayant tué une trentaine de soldats égyptiens, le terminal est quasiment tout le temps fermé. l’Egypte n’a ouvert la frontière que de façon temporaire et à deux reprises seulement. A chaque fois, l’ouverture n’a duré que deux jours et n’était destinée qu’à permettre à des Palestiniens bloqués en Egypte de rentrer à Gaza ou pour laisser passer des convois humanitaires, renforçant le sentiment d’enfermement des Gazaouis, déjà soumis au blocus israélien et attisant le ressentiment des habitants envers ce nouveau régime jugé coupable de participer à l’étranglement de la bande de Gaza . Des accusations qu’il nie formellement en pointant du doigt Israël, l’accusant de faire tout pour se dérober de ses responsabilités en tant que puissance occupante en voulant transférer les 1million 8 cent mille palestiniens au Sinaï , dans le cadre d’un plan concocté par la droite israélienne qu’elle cherche à relancer au moment opportun. Selon lui ,par cet enfermement et les autres mesures punitives ,Israël cherche à provoquer une explosion de colère parmi la population qui aura pour conséquences la prise d’assaut des frontières et l’exode des habitants vers l’Egypte. Pour le régime du Caire , les seuls coupables de cette situation sont l’occupation israélienne et le Hamas qui fait son jeu en se maintenant au pouvoir constituant un alibi idéal pour la poursuite et la dégénérescence du statu quo déjà catastrophique ainsi que la concrétisation de ce plan.
Les autorités du Caire qui accusent le Hamas de soutenir les insurgés ont ,par ailleurs, fait savoir qu’ils ne lèveraient l’interdiction d’ouverture que lorsque la réconciliation inter palestinienne est sérieusement scellée, que le Hamas lâche le pouvoir et que la garde prétorienne du président Abbas assure la sécurité des frontières afin de ne pas donner de prétextes à l’accomplissement des plans Israéliens .Pour le Hamas, toujours au pouvoir à Gaza , ce comportement du voisin égyptien est un ” crime contre l’humanité “.
Ses adeptes ainsi que des centaines de Palestiniens l’ ont crié haut et fort vendredi dernier lors de la prière hebdomadaire appelant l’Egypte , à rouvrir immédiatement le terminal.

Dans son prêche ,l’imam qui a dirigé la prière, a qualifié de nécessité absolue, et de devoir de frère, pour les nations arabes de se tenir aux côtés des habitants de la Bande de Gaza.
“L’Égypte et Israël continuent de nous tenir à la pointe de leurs couteaux…Nous sommes les otages de ces deux pays, “l’ennemi” et “le frère” se relayant pour nous massacrer chacun à sa façon “a souligné ,en colère, l’mam qui a ajouté :
“Ayez pitié de ces milliers d’étudiants et de ces malades qui ont besoin de se rendre en Egypte et dans d’autres pays pour poursuivre leurs études ou recevoir des soins médicaux! ”
C’est le même sentiment prévalant chez l’ensemble de la population qui émet l’espoir, sans y croire, d’une réouverture rapide du poste frontalier. Un poste qui demeure ,concrètement, la seule voie de sortie vers le monde extérieur et qui ,à son grand dam ,suit les aléas d’une situation politique se préoccupant , peu ou prou, de ses besoins .
C’est l’ unique frontière qui n’est pas contrôlée par Israël. En 2005, et après près de quarante années de contrôle total l’armée d’occupation ,qui a effectué un retrait unilatéral de la Bande de Gaza a signé un accord avec l’AP sur l’accès et la circulation des voyageurs au terminal de Rafah, remettant théoriquement , aux Palestiniens, sous supervision d’ observateurs de l’union européenne , la responsabilité des opérations. Cependant ,dans les fait, c’est l’état hébreux qui a continué d’en détenir les clés et d’agir en maitre puisque il avait la capacité de contrôler ,via les cameras de surveillance, tous les mouvements , d’accéder aux listes des passagers dont il pouvait refuser l’accès ou la sortie s’ils figurent sur leurs listes noires.
Quelques mois après l’accord, Israël met fin à son engagement suite à la capture d’un soldat israélien par des groupes armés et depuis c’est le siège total. Il est devenu hermétique dans la foulée du coup de force du mouvement Hamas en Juin 2007 et continue jusqu’à aujourd’hui. Les tunnels creusés aux frontières, pour le contourner, ont été détruits par l’Egypte qui a instauré une zone tampon transformant l’étroite Bande de Gaza en une véritable prison à ciel ouvert où le quotidien des habitants de Gaza continue d’être un perpétuel combat pour la survie.
A cet eternel siège et aux pénuries de tout genre, s’ajoutent l’attente, en vain, de la reconstruction de ce qu’a démoli la guerre de cet été, les pluies torrentielles qui inondent les tentes et les campements servant de refuge ainsi que les incendies causées par les bougies à cause des coupures quasi permanentes de l’électricité et qui font, chaque jour, davantage de victimes. Le tout devant l’indifférence de tous. Celle de la communauté internationale, de l’ONU, d’Israël ,de l’Egypte mais également celle des responsables palestiniens du Fatah comme du Hamas. Des responsables qui n’en finissent pas de se quereller sur les questions de savoir qui aura le plein pouvoir ou qui administrera les postes frontières donnant aux intérêts de leurs partis politiques la priorité tandis que les intérêts de leur peuple et leur aspiration à vivre une vie digne de ce nom , sont relégués au second plan.
RACHIDA BENMEDDOUR

FIN

octobre 10, 2015

vers la troisième Intifada? vogliono la Terza Intifada?

Classé dans : Uncategorized — RACHIDA BENMEDDOUR ABUSHAWISH ABOUCHAOUICHE @ 1:22

Palestine:Le soulèvement.

Les larmes et le sang qui  coulent aujourd’hui en Palestine viennent rappeler que cette région du monde est une poudrière qui risque d’exploser à tout moment .

 

La spirale des affrontements  entre  soldats israéliens  et jeunes palestiniens s’installe peu à peu  et gagne chaque jour en intensité, les attentats isolés contre des colons  se  multiplient et la répression des forces d’occupation israéliennes  et des colons  redouble de férocité .

Ce regain de tension a atteint son paroxysme jeudi 1er Octobre lorsque des palestiniens ouvrent le feu sur une voiture transportant une famille de colons israéliens tuant sur le coup les parents  devant leurs quatre enfants dans le nord de la Cisjordanie occupée, près de Naplouse .Une opération imputée au mouvement Hamas , en réponse, vraisemblablement, à l’assassinat d’un jeune Palestinien, sourd de naissance, tué quelques jours plus tôt  par l’armée israélienne qui a criblé de balles sa voiture sur la même route et au même endroit.      Du coup   les appels des colons à la vengeance  se sont  multipliés.

Joignant l’acte  à la parole , des dizaines d’entre eux se sont adonnés à des actes de saccage attaquant maisons ,commerces et biens palestiniens.

Selon le  centre Al Ahrar pour les droits de l’homme, des colons ont perpétré durant ces derniers jours  des dizaines d’agressions contre des palestiniens saccageant et incendiant véhicules , maisons, des centaines d’arbres fruitiers et des dizaines d’hectares de terre agricoles .L’organisation  met l’accent dans son rapport  sur le fait que l’ensemble de ces offensives ont été menées sous l’œil complice des soldats israéliens. Des agressions qui font suite au supplice d’une famille palestinienne( dont un bébé de quelques mois) brulée vive en juillet dernier à l’entrée de Kafr Douma, près de Naplouse. Selon des responsables des services de sécurité palestiniens, quatre colons   faisant partie d’un groupe extrémiste nommé “le prix à payer “ont mis le feu à leur maison . Ce crime est resté impuni. Un phénomène qui n’est guère nouveau. Depuis des années, des colons extrémistes ainsi que des activistes d’extrême-droite se livrent sous le slogan «le prix à payer» à des agressions et des actes de vandalisme contre des Palestiniens, des Arabes israéliens ainsi que des lieux de culte musulmans et chrétiens. Si dans le passé ,ils agissaient dans l’ombre  de peur d’être sanctionnés ,aujourd’hui et depuis l’avènement de l’extrême droite au pouvoir, il agissent au grand jour ,en toute impunité.

Des sources et des témoins palestiniens affirment même que plusieurs tentatives d’assassinat dont se disent être victimes des colons ne sont ,dans les faits, que pure invention de ces derniers. Le cas de Fadi Aloun ,un jeune palestinien de Jérusalem Est, abattu devant les objectifs de caméras par la police pour avoir prétendument tenté de poignarder un colon est largement relayé sur les réseaux sociaux. Selon son père  ,les colons inventent des prétextes pour tuer des palestiniens.

« Les vidéos de la scène montrent un groupe de colons pourchassant mon fils qui  essayait de courir vers un voiture de police israélienne pour sa protection mais la police l’a abattu », a notamment  dit le père jurant que la version israélienne des faits est un mensonge.

Loin de calmer le jeu, le premier ministre Benyamin Netanyahou  a ,comme à l’accoutumée, affiché une réponse purement sécuritaire promettant  une « offensive très dure contre le terrorisme palestinien ».Dans une allocution diffusée par les médias il a affirmé qu’il donnait toute latitude d’action à la police à laquelle il    ne poserait aucune limite “. Un blanc seing clair et net à  faire usage de tous les moyens de répression contre les manifestants  palestiniens réitérant ainsi ses consignes données il ya quelques jours, à ses forces ,d’user de balles réelles contre tout lanceur de pierre .Une ligne dure que les observateurs expliquent par les pressions auxquelles il est apparemment soumis .Pression des membres de son gouvernement, l’un des plus à droite de l’histoire d’Israël, qui  critiquent ouvertement son “inefficacité” mais également celle des colons qui mènent manifestation après manifestation  l’appelant à plus de répression et  à plus de colonisation.

Après une réunion du mini cabinet sécuritaire avec des responsables de l’ordre public, Il a décrété l’état d’urgence, décidé de renforcer la présence policière , ordonné, comme  à l’accoutumée  la destruction des maisons des auteurs d’attentats , annoncé l’intensification des détentions  administratives et interdit l’accès à l’esplanade des mosquées. Une interdiction élargie, quelques jours plus tard aux membres arabes de la Knesset

Des mesures traduites sur le terrain par une multiplication des patrouilles et des incursions dans les villes  de Cisjordanie grâce au déploiement de quatre bataillons.

Résultat: La colère et la tension montent, les affrontements se multiplient et les enterrements s’enchainent au même rythme que les balles qui fauchent des vies et font des blessés  .Ceci ,outre les démolitions de maisons, les arrestations ,les perquisitions  et les confiscations de nouvelles terres dans le cadre de nouvelles mesures punitives prises par le gouvernement israélien  marquant  une nouvelle escalade  qui pourrait   propulser  le conflit israélo palestinien  dans une nouvelle dimension où l’embrasement et la violence  régneraient en maitre et pour longtemps .

Cette politique de main de fer émaillée par des mesures répressives et vindicatives qui a  pourtant déjà  prouvé, par le passé   son impuissance à juguler les vagues de violence spontanées, est accompagnée d’une surenchère verbale contre les responsables palestiniens et  à leur tête le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à qui Israël impute  la responsabilité de l’escalade.

Invitant le gouvernement israélien à agir pour une solution politique ,ce dernier a affirmé  vouloir éviter que ces affrontements ne dégénèrent en confrontation militaire  :

« Nous  ne voulons pas d’une escalade militaire ou sécuritaire.  Les instructions données aux services de sécurité, aux différentes factions et aux jeunes disent clairement que nous ne voulons pas d’escalade mais quand un groupe de colons vient attaquer un village à quelle réponse vous attendez vous? >>  a t-il notamment souligné .

Fondamentalement opposé à la violence, Mahmoud Abbas a ,cependant, peu de chance d’être écouté cette fois ci. Il semble ,en effet dépassé par son opinion qui ne le suit plus  .Une opinion qui pense qu’après plus de 20 années d’experience,il est clair que des négociations stériles comme seul moyen pour arriver à la paix n’est plus un choix défendable .

D’ailleurs, d’après une enquête élaborée par le Centre palestinien pour la recherche politique et les études stratégiques, une majorité de Palestiniens serait pour un soulèvement armé contre Israël. Les factions toutes appartenances confondues ne cessent de l’ interpeller  pour qu’ils tienne compte de l’évolution de la dynamique  actuelle prévalant dans les territoires palestiniens  .Dans une conférence de presse tenue  à Gaza et  animée par les représentants des différentes mouvances nationales et islamiques dont le Hamas l’accent a été mis sur l’importance d’élaborer une  nouvelle stratégie commune et  d’avoir  ” une position palestinienne unifiée qui reconnaît que l’intifada est une réalité sur le terrain  >  insistent ils  et pour ce  > .  Il faut dire  que la marge de manœuvre des groupes armés et des manifestants  palestiniens est foncièrement limitée par cette coopération sécuritaire que l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas s’est engagée à respecter en dépit de son impopularité auprès de l’opinion publique.

Oui mais, apparemment  aujourd’hui, les deux camps israélien et palestinien, ne semblent avoir pour seule perspective qu’une escalade de la haine réciproque et de la violence laissant peu de chance à une quelconque perspective d’amélioration  de la situation . Cela laisse la porte , grande ouverte, à  la possibilité d’un déclenchement d’un nouveau conflit sanglant ,une troisième Intifada.  En tout cas les ingrédients nécessaires laissant présager une telle perspective sont aujourd’hui bel et bien réunis. Parmi ces ingrédients se trouvent l’absence d’horizon politique, la répression israélienne, le renforcement de la colonisation, l’impunité des colons et les tensions à Jérusalem  . Depuis l’été 2014 déjà, marqué par le conflit armé dans la bande de Gaza, Jérusalem-Est est le théâtre d’échauffourées  quasi quotidiennes. À  l’origine,  l’inquiétude autour du site très sensible de l’esplanade des Mosquées ,El Aqsa notamment , encore une fois au centre des frustrations des Palestiniens qui l’ estiment en danger alors que les extrémistes juifs l’investissent quotidiennement appelant à  son partage prélude à sa destruction  pour la construction du troisième temple à sa place. Mais au delà de ces enjeux ,c’est l’effondrement du projet national palestinien d’édifier un véritable état libre et souverain et la poursuite de l’occupation qui viennent  attiser encore davantage la colère et provoquer une recrudescence des violences. Certes le sentiment de désespoir est dominant depuis bien longtemps, mais l’effondrement  des pourparlers de paix, sous la houlette des américains, l’ont renforcé encore plus, poussant le peuple dans un scepticisme certain quant à l’ensemble du processus de paix.

En Palestine aujourd’hui, on est  encore loin de voir la lumière au bout du tunnel.

Rachida Benmeddour

Situazione esplosiva

Rivolta palestinese: vogliono la Terza Intifada?

La collera e la tensione aumentano, gli scontri si moltiplicano e i funerali si susseguono

palestina scontri

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Gaza – La spirale di attacchi tra i soldati israeliani e i giovani palestinesi prende sempre più terreno e aumenta d’intensità di giorno in giorno mentre gli attentati isolati contro i coloni si moltiplicano e la repressione delle forze d’occupazione israeliane e dei coloni raddoppia la propria ferocia.

Questo nuovo aumento della tensione ha raggiunto l’apice giovedì primo ottobre, quando i palestinesi hanno fatto fuoco su un mezzo che trasportava una famiglia di coloni israeliani uccidendo sul colpo i genitori davanti agli occhi dei quattro figli; il fatto è successo nel nord della Cisgiordania occupata, vicino a Nablus. Un’operazione questa, di cui è stato accusato il movimento Hamas, che avrebbe agito in risposta all’assassinio di un giovane palestinese non udente; il ragazzo sarebbe stato ucciso qualche giorno prima dall’esercito israeliano che avrebbe crivellato di colpi la sua auto nello stesso punto della stessa strada. All’improvviso, gli appelli dei coloni alla vendetta si sono moltiplicati, con decine di loro che, passando dalle parole ai fatti, hanno iniziato a saccheggiare, attaccando case, negozi e beni palestinesi.

In base al centro Al Ahrar per gli studi sui detenuti e i diritti umani, in questi ultimi giorni, i coloni avrebbero portato a termine decine di aggressioni contro i palestinesi, saccheggiando e incendiando i loro veicoli, le loro case, centinaia di alberi da frutto e decine di ettari di terreni agricoli. L’organizzazione, nel proprio rapporto, sottolinea come queste offensive siano state portate a termine sotto lo sguardo complice dei soldati israeliani. Queste aggressioni si verificano dopo il supplizio di una famiglia palestinese, tra cui anche un bimbo di pochi mesi, bruciata viva lo scorso luglio all’entrata di Kafr Douma, vicino a Nablus. Secondo i responsabili dei servizi di sicurezza palestinesi, quattro coloni che farebbero parte di un gruppo estremista chiamato ‘Il prezzo da pagare’ avrebbero messo a ferro e fuoco la loro casa. Questo crimine non è stato punito, fatto per nulla nuovo. Da vari anni, i coloni estremisti e gli attivisti dell’estrema destra, guidati dallo stesso slogan ‘il prezzo da pagare’, si dedicano ad aggressioni e atti di vandalismo contro i palestinesi, gli arabi israeliani e i luoghi di culto musulmani e cristiani. Se nel passato si agiva nell’ombra per paura di ricevere sanzioni, dalla presa di potere dell’estrema destra e fino a oggi lo si fa alla luce del giorno totalmente impuniti.

Fonti e testimoni palestinesi affermano che vari tentati omicidi in cui le vittime sarebbero i coloni sarebbero in realtà un’invenzione di questi ultimi. Il caso di Fadi Aloun, un giovane palestinese di Gerusalemme Est abbattuto davanti alle telecamere dalla polizia per aver cercato di pugnalare un colono ha avuto ampio spazio sulle reti sociali ma, secondo il padre, i coloni inventano pretesti per uccidere palestinesi. “I video della scena mostrano un gruppo di coloni che inseguono mio figlio mentre lui cerca di raggiungere una macchina della polizia israeliana per ottenere protezione, ma la polizia lo abbatte”, ha affermato il padre, che ha giurato che la versione dei fatti israeliana è falsa.

Lontano dal calmare gli animi, il primo ministro Benjamin Netanyahu ha presentato come al solito una risposta puramente mirata alla sicurezza pubblica, promettendo «un’offensiva forte contro il terrorismo palestinese». In un discorso diffuso dai mezzi di comunicazione ha affermato di dare tutta la libertà d’azione alla polizia, a cui non porrebbe alcun limite. È questo un messaggio chiaro che invita a usare tutti i mezzi repressivi contro i manifestanti palestinesi, ripetendo così le consegne di qualche giorno fa, quando aveva suggerito alle proprie forze di usare munizioni reali contro chi lancia le pietre. Una linea dura che gli osservatori spiegano con le pressioni a cui sarebbe sottoposto. Le pressioni provengono dai membri del governo, uno di quelli più di destra della storia di Israele, che criticano apertamente la sua inefficienza, ma anche dai coloni che, manifestazione dopo manifestazione, richiedono più repressione e un’occupazione più forte.

Dopo una riunione del mini gabinetto di sicurezza con i responsabili dell’ordine pubblico, Netanyahu ha decretato lo stato d’urgenza, ha deciso di rafforzare la presenza della polizia, ha ordinato come d’abitudine di distruggere le case degli autori degli attentati, ha annunciato l’intensificarsi delle detenzioni amministrative e ha proibito l’accesso alla Spianata delle Moschee. Queste misure hanno richiesto lo spiegamento di quattro battaglioni permettendo una moltiplicazione delle pattuglie e varie incursioni nelle residenze della Cisgiordania.

Come risultato, la collera e la tensione aumentano, gli scontri si moltiplicano e i funerali si susseguono allo stesso ritmo dei proiettili che falciano vite e causano feriti. Tutto ciò si aggiunge alla demolizione di case, agli arresti, alle perquisizioni e alla confisca di nuove terre nell’ambito delle recenti misure punitive prese dal governo israeliano. Queste segnano una nuova escalation che potrebbe portare il conflitto israelo‑palestinese su un’altra dimensione in cui gli scontri e la violenza la farebbero da padroni per un lungo periodo. Queste rappresaglie e le misure repressive, che in passato hanno già dimostrato la propria inefficacia nel contenere le ondate spontanee di violenza, sono accompagnate da attacchi verbali contro i responsabili palestinesi, primo fra tutti il presidente dell’Autorità Palestinese Mahmud Abbas, accusato da Israele di essere il responsabile dell’escalation. Abbas, tramite un invito al governo israeliano ad agire per una soluzione politica, ha affermato di voler evitare che ostilità degenerino in uno scontro militare: «Non vogliamo un’escalation militare o problemi di sicurezza pubblica. Le istruzioni fornite ai servizi di sicurezza, alle varie fazioni e ai giovani dimostrano chiaramente che non vogliamo un ravvivarsi del conflitto ma che risposta vi aspettate quando un gruppo di coloni attacca un villaggio?» ha sottolineato. Fondamentalmente contrario alla violenza, in questo caso Mahmud Abbas ha, però, poche speranze di essere ascoltato. In effetti, dopo vent’anni di esperienza, sembra chiaro che i negoziati sterili come unico mezzo per arrivare alla pace non siano più una scelta difendibile. Inoltre, in base a un’indagine del Centro palestinese per la politica e la ricerca, la maggioranza dei palestinesi sarebbe in favore di una rivolta armata contro Israele. Le fazioni di tutti gli schieramenti continuano a chiedere che si tenga conto dell’evoluzione della dinamica attuale nei territori palestinesi. In una conferenza stampa tenutasi a Gaza e voluta dai rappresentanti dei vari movimenti nazionali e islamici tra cui Hamas, è stata sottolineata l’importanza di elaborare una nuova strategia comune e di avere una posizione palestinese unica che riconosca l’intifada come una realtà possibile: «L’intifada deve continuare», insistono, «affinché l’AP interrompa gli accordi di sicurezza con Israele». Bisogna dire che il margine di manovra dei gruppi armati e dei manifestanti palestinesi è fondamentalmente limitato da quest’operazione di sicurezza che l’Autorità Palestinese di Mahmud Abbas si è impegnata a rispettare nonostante la scarsa popolarità in seno all’opinione pubblica. Sembra inoltre che, ora come ora, i due schieramenti, quello israeliano e quello palestinese, abbiano come unica prospettiva un aumento dell’odio reciproco e della violenza a discapito di una qualsiasi prospettiva di miglioramento della situazione. Ciò lascia la porta più che aperta alla possibilità di uno scatenarsi di un nuovo conflitto sanguinoso che sarebbe la Terza Intifada, un’eventualità che sembra avere a disposizione tutti gli ingredienti necessari. Tra questi, si contano l’assenza di orizzonti politici, la repressione israeliana, il rafforzamento della colonizzazione, l’impunità dei coloni e le tensioni a Gerusalemme. Dall’estate del 2014, segnata dal conflitto armato nella Striscia di Gaza, Gerusalemme Est è teatro di schermaglie quasi quotidiane. Alla loro origine ci sarebbe l’inquietudine attorno a un sito molto sensibile come quello della Spianata delle Moschee, in particolare quella di Al Aqsa, ancora una volta al centro della frustrazione dei palestinesi che la ritengono in pericolo; gli estremisti ebraici, invece, chiedono ogni giorno che la zona venga condivisa per evitare che venga distrutta per lasciare spazio alla costruzione di un terzo tempio. Al di là di questo aspetto, sono l’affossamento del progetto nazionale palestinese di costruire un vero stato libero e sovrano e il prolungarsi dell’occupazione a esacerbare ancora di più la collera e a provocare l’inasprirsi delle violenze. La disperazione prevale da tanto tempo, ma il fallimento dei negoziati di pace sotto la guida degli Stati Uniti l’hanno resa più acuta, spingendo la popolazione a non credere più nel processo di pace. La Palestina non scorge ancora la luce alla fine del tunnel. Traduzione di Emma Becciu T - See more at: http://www.lindro.it/rivolta-palestinese-vogliono-la-terza-intifada/2/#sthash.B8PQrw4q.dpuf

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septembre 29, 2015

La surprise du président Abbas

Classé dans : Uncategorized — RACHIDA BENMEDDOUR ABUSHAWISH ABOUCHAOUICHE @ 10:19

Le 02 Octobre 2014

La surprise du président Abbas

La question est sur toutes les lèvres dans les territoires palestiniens : le président Mahmoud Abbas osera-t- dissoudre l’Autorité Palestinienne ?Oserat-il passer à l’acte contrairement aux fois précédentes où il avait menacé de le faire avant de se rétracter au dernier moment suite à  des pressions israélo américaines ? Certes  ,ce n’est pas encore officiel  d’autant  plus que  le vieux Rais ne l’a pas explicitement annoncé préférant utiliser plutôt  le terme «surprise « qu’il fera le moment opportun mais tout porte à croire que cette fois ci la décision est bel et  bien prise.

Des  proches du chef palestinien ainsi que des observateurs  cautionnent cette hypothèse et se disent même  certains que « cette fois-ci, ce sera différent. »

Que signifie la dissolution de l’autorité palestinienne et quels sont ses  enjeux?

L’Autorité Palestinienne est le fruit des accords  de paix d’Oslo signés en 1993.Elle a été créée  pour administrer les territoires palestiniens occupés devenus autonomes à partir de 1994 .. Sa dissolution révoquerait directement sa souveraineté  et forcerait Israël à porter l’entière responsabilité de la gestion des territoires palestiniens  redevenus alors occupés et ce en tant que puissance coloniale occupante. Elle annulerait de facto  les accords d’Oslo  engendrant la fin de la solution à deux états et rendrait  Israël passible de procédures légales  et de sanctions internationales à cause de ses politiques répressives, et expansionnistes.

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Côté palestinien, elle propulserait l’ensemble de la population, encore une fois, sous l’occupation israélienne sachant que plus d’ un million de Palestiniens dépendent pour leur subsistance des salaires payés par l’AP et des dizaines de milliers de familles  de son aide  pour vivre. On reviendra alors à l’ère qui régnait avant oslo.

Pourquoi vouloir prendre une initiative aussi radicale ?

Il faut admettre que les raisons ne manquent pas et sont même légion à commencer par le piétinement  des interminables rounds de négociations infructueuses consacrant non seulement la pérennisation pure et simple d’un conflit vieux de près de sept décennies mais également  son exacerbation chaque jour davantage. Le tout  sur fond d’un mutisme et d’un immobilisme internationaux frappants. La réalité des affres de l’occupation sur le terrain, la poursuite imperturbable de la colonisation notamment renforce le scepticisme des palestiniens  population et direction confondues car elle compromet  l’établissement d’un état palestinien viable qui ,rappelons le, demeure  l’objectif principal  du processus de paix engagé il ya plus de vingt ans. C’est une initiative désespérée d’un président las et déçu au même titre que son peuple qui a fini par admettre ouvertement et à son grand dam que son gouvernement  est un “gouvernement occupé”, dépourvu d’ autorité  réelle et de pouvoir.

Le recours au démantèlement de l’AP a ses adeptes mais également ses opposants au sein de la société .Si beaucoup de voix s’élèvent pour défendre une telle perspective mettant en exergue le discrédit de la direction palestinienne allant même jusqu’à l’accuser d’être le relais de l’occupation israélienne voire même d’être son gendarme protecteur et collaborateur , d’autres la rejettent appréhendant un avenir sombre et incertain. Plusieurs politologues ont ainsi critiqué cette menace. Pour  TalalOkal, journaliste et analyste politique résidant à Gaza” Abbas n’a pas le droit de faire cela affirmant que  « L’AP n’est pas un bien personnel de Mahmoud Abbas dont il peut disposer comme il veut… Le peuple palestinien a son mot à dire sur une question aussi cruciale et aussi décisive…ILy va de son avenir ! » at’il insisté.

Il est néanmoins  important de préciser que le recours à la dissolution de l’Autorité Palestinienne reste tributaire des suites qui seront données à un nouveau plan visant à la fin de l’occupation dont la direction palestinienne est l’instigatrice et qui sera soumis au conseil de sécurité de l’ONU dans quelques semaines. Cette initiative  aura ,cependant ,peu de chance d’aboutir à cause du véto américain.La maison blanche seule puissance à même de faire pression sur Israel pour un reglement juste du conflit  a fait savoir au chef palestinien, deux semaines avant la session de l’assemblée genérale de l’onu du 19 septembre,  qu’elle rejetait ce   nouveau plan qui préconise la fin sous trois ans de l’occupation israélienne des territoires palestiniens et l’établissement d’un État indépendant ayant Jérusalem-Est pour capitale avec un calendrier précis et une date butoir préalablement définie..

En depit de cela Mahmoud Abbas  reste déterminé à le soumettre  au Conseil de sécurité nonobstant les objections américaines à ses projets diplomatiques .Dans la foulée de son  discours véhément devant les Nations unies dans lequel il a souligné son intention d’en finir avec le fonctionnement ancien des discussions de paix avec les Israéliens, Abbas a  prévenu qu’il ne renoncerait pas, malgré l’opposition américaine, à adhérer à la Cour pénale internationale en cas de veto américain .Les grands paramètres  d’un projet de résolution sont d’ailleurs en cours de discussion avec des pays arabes et occidentaux.

Abbas a néamoins admis ne pas avoir la garantie de recueillir les voix des neuf membres nécessaires pour l’examen de ce projet de résolution et, « si nous les obtenons, il est fort probable que les Etats-Unis opposeront leur veto ».

Dans ce cas, “nous irons devant les organisations internationales et en premier lieu nous signerons le Statut de Rome pour adhérer à la Cour pénale internationale”. Parallèlement à cela “nous réexaminerons tous les accords avec Israël et notamment la coordination sécuritaire”, a-t-il menacé. Depuis qu’il a obtenu le statut d’observateur à l’ONU en 2012, l’Etat de Palestine menace de rejoindre la CPI, ce qui lui permettrait de poursuivre les dirigeants israéliens pour crimes de guerre.

Préalablement à cela et À quelques jours du rendez-vous des Nations unies, Mahmoud Abbas avait appelé « tous les pays à prendre leurs responsabilités pour mettre un terme à un conflit qui dure depuis soixante-six ans ». « Faire la paix, avait-il ajouté, donnera une légitimité accrue à la lutte contre le terrorisme dans la région en allusion claire à la guerre menée actuellement contre Daesh.

Un appel qu’il a réitéré du haut de la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU dans un discours  franc et clair dans lequel il a accusé Israël de génocide et d’Apartheid. Ce qui lui a valu les critiques les plus acerbes des responsables de Tel Aviv mais aussi de Washington qui  l’a qualifié d’”offensant”.

Mahmoud Abbas a surtout clairement signifié qu’il n’était plus  près de reprendre les négociations avec Israël sur le modèle précédent,  mettant  les «parrains» du processus de paix, particulièrement, les Etats-Unis - devant leurs responsabilités en fustigeant leur double jeu .Pour lui  «la non-reconnaissance des crimes d’Israël par l’administration américaine crée l’extrémisme». Une administration qui a une fois de plus réagi en brandissant la menace de suspendre ses aides financières estimées à quelques 700 millions de dollars par an.

Pour la rue palestinienne qui a largement apprécié le discours, il était temps que cette réalité sorte enfin  de la bouche de leur président.« Après des années de silence ,d’endurance et de patience il fallait qu’il mette le doigt sur la plaie et les points sur les «i»! S’est accordé à dire une majorité de citoyens. En fait il a dit tout haut ce que pensait tout bas tout un chacun en Palestine et ailleurs et ce depuis des lustres déjà : l’inutilité des négociations avec Israël.

Cela fait vingt longues années que cela dure. Vingt longues années que Les Palestiniens  jouent  le jeu des négociations en dépit de leur longueur et leur stérilité. Lors de chaque nouvelle rencontre le négociateur israélien exige un nouveau  départ du point zéro comme pour dire : «  Allez, on efface tout et on recommence! »sans aucune considération aux efforts fournis des années durant et au temps écoulé alors que sur le terrain l’occupation envahit en Cisjordanie, géographiquement éclatée terrain après terrain et ses bulldozers rasant maison après maison au profit de la colonisation tandis qu’à Gaza assiégée et transformée en prison à ciel ouvert sont menées guerre après-guerre .Des faits accomplis en contradiction avec le droit international et les accords du processus de paix où il est clairement  stipulé qu’«aucune partie ne devra prendre une initiative ou une mesure susceptible de changer le statu quo. Des clauses dont les gouvernements successifs israéliens ne font aucun cas.

Que s’est-il passé durant ces Vingt dernières années de «processus de paix et de négociations»? Rien en faveur des palestiniens et de  leurs ambitions nationales, mais davantage d’occupation,,davantage de colonisation ,davantage de larmes et davantage de sang.

Voilà des  arguments qui justifient et confortent l’intention du président de dissoudre  l’AutoritéPalestinienne.Même si  cela ne contribuera en rien à réaliser les ambitions nationales de son peuple, ce sera une façon, bien à lui,  de laisser Israël assumer seul l’échec du processus de paix.

FIN

septembre 23, 2015

Jerusalem dans la tourmente

Classé dans : Uncategorized — RACHIDA BENMEDDOUR ABUSHAWISH ABOUCHAOUICHE @ 7:01

Jérusalem au cœur de la tourmente

refreshed

La tension est palpable à Jérusalem- Est, en proie depuis des jours, à des heurts violents entre palestiniens et soldats israéliens. Au centre de toutes les attentions et de toute cette effervescence : l’Esplanade  où se dressent la mosquée du Dôme du Rocher et surtout Al Aqsa que les fidèles musulmans estiment en danger.

Aux cris « d’Allah Akbar » ils scandent haut et fort qu’ils sont là pour « défendre cette moquée « se disant « prêts à mourir pour elle » car par sa valeur religieuse et sentimentale, la mosquée Al Aqsa constitue, pour les musulmans du monde, l’épicentre, par excellence, de séismes qui pourraient être dévastateurs.

Tout a commencé lorsque des colons juifs, escortés par des soldats israéliens ont adopté, tel un rituel,  des visites quotidiennes sur l’esplanade, perçues par les palestiniens, comme une provocation  prélude à une hégémonie juive sur le site .Un objectif que les colons extrémistes et leurs relais politiques  au gouvernement actuel ne cachent plus. Si les musulmans considèrent al Aqsa  comme le lieu le plus sacré de l’islam après la Mecque et Médine ,  les  extrémistes juifs  jurent que cette mosquée a été construite à l’emplacement exact du second Temple, détruit en l’an 70 par les romains, lui-même édifié sur le site supposé du temple de Salomon. Certains extrémistes expriment ouvertement leur souhait de  voir  Al aqsa s’effondrer un jour au profit de l’émergence du temple présumé qu’ils veulent reconstruire sur ses ruines.          Il est important de signaler, à cet égard, que les creusements de tunnels effectués depuis des années par les autorités israéliennes sous l’esplanade des mosquées pour découvrir le temple, sont vus par les palestiniens comme un moyen rusé visant à faciliter et à accélérer l’effondrement souhaité.

Cette situation, déjà extrêmement complexe, s’est foncièrement aggravée  suite à une information qui est venue confirmer les doutes et attiser les colères. Selon  Messaoud Ghanayem     un député arabe à la Knesset, une loi stipulant l’instauration d’une division physique de la mosquée Al-Aqsa, entre musulmans et juifs, est en cours d’élaboration par une commission parlementaire israélienne.  Dans un communiqué il a souligné que la dite loi veut, au nom de l’égalité du droit de culte pour les juifs et les musulmans sur l’esplanade des mosquées, consacrer des tranches d’horaires et des espaces déterminés aux Juifs afin qu’ils accomplissent leurs rites religieux. Le texte interdit entre autre, l’organisation de manifestations et de protestions sous peine de sanctions.

Certes pour le moment il n’ya rien d’officiel et l’information n’a  été ni confirmée  ni démentie, mais ses échos ont eu l’effet d’une bombe. Elle s’est répandue comme une trainée de poudre  non seulement au sein de la communauté musulmane de Jérusalem mais aussi dans l’ensemble des territoires palestiniens. C’est simple, si ‘elle venait à être corroborée et appliquée, elle risquerait de faire exploser la région d’autant plus   qu’elle intervient alors qu’Israël  multiplie les restrictions déjà sévères sur la prière des musulmans à  Al-Aqsa, interdisant, par exemple, l’accès aux palestiniens de moins de 50 ans.

L’extrême droite israélienne dont est issue la plupart des membres du gouvernement, ne cherche plus à dissimuler sa volonté d’œuvrer à la partition de la mosquée entre musulmans et juifs bien que cela  serait, aux yeux du droit international, une violation de la souveraineté palestinienne sur ce lieu doublement religieux et historique.

De telles idées ne sont pas nouvelles. Suite au massacre perpétré  dans la Mosquée d’Al Haram el Ibrahimi (le caveau des Patriarches)  en février 1994, quand  Baruch Goldstein,  un colon israélo-américain y a ouvert le feu, tuant des dizaines de Palestiniens en plein prière, Israël a pris le contrôle total de la mosquée et y a restreint l’accès aux Palestiniens. La mosquée fut ensuite divisée en deux parties entre juifs et musulmans.

Un scénario que les colons extrémistes veulent relancer et appliquer à Al Aqsa.

Ils sont, en cela, encouragés par une multitude d’hommes religieux et politiques  dont certains sont membres du gouvernement.

L’an dernier, le Ministre des Affaires religieuses israélien,  Eli Ben-Dahan  qui est aussi député du Parti nationaliste Habayit Hayehudi   a fait savoir qu’il soumettrait un règlement pour légaliser les prières juives sur le Mont du Temple (Al Aqsa ).

«   J’espère que le Premier Ministre et le gouvernement israélien adopteront ces règlementations et qu’ils permettront à tous les juifs qui le souhaitent de monter sur le Mont du Temple pour y prier ».

Ceci intervient alors que depuis plusieurs mois, des députés du Likoud, le parti du premier ministre Benyamin Netanyahu, appellent les juifs à aller prier sur l’esplanade  provoquant des heurts récurrents.

Des appels dénoncés par les palestiniens, toutes appartenances confondues. Le président Mahmoud Abbas  a  même menacé de saisir les instances pénales internationales qualifiant les incursions quotidiennes des colons d’ « agressions contre Al-Aqsa »M. Abbas a aussi appelé les Palestiniens à   «empêcher l’accès à la mosquée aux colons et à utiliser  tous les moyens  pour protéger le site ».

Avigdor Lieberman, un faucon ultra-nationaliste et ancien ministre  des Affaires étrangères,  l’a aussitôt accusé d’appeler à « une guerre de religion », le comparant  aux groupes islamistes radicaux tel que Daesh sévissant en Iraq et en Syrie.

Illustration de la sensibilité extrême du sujet :  des affrontements  font rage sur l’esplanade et dans les faubourgs limitrophes tels que Silwan  l’un des champs de bataille les plus farouches, où environ 500 colons vivent retranchés au milieu de 45.000 Palestiniens. Les affrontements y ont toujours été  fréquents et continuent à l’être   à ce jour. Ils ont même provoqué  mort, blessures et arrestations. Un avant-gout du chaos à l’horizon si le projet de loi était adopté. Tous s’accordent à dire, en effet, que ce sera l’étincelle qui conduira à un  embrasement total de  la région par  une troisième intifada dans l’ensemble des territoires palestiniens voire même des soulèvements  populaires dans les pays arabes. D’ailleurs,  la tentative d’assassinat , de Yehuda Glick, extrémiste religieux de renom et fervent défenseur du droit des juifs à prier sur l’esplanade des mosquées ,  marque un cap dans la violence qui gagne Jérusalem  , au même titre que les attentats à la voiture bélier.  Pour le mouvement Hamas  ” ce sont  réactions normales aux tentatives israéliennes de judaïser la ville sainte “.

Khalil Al Haya l’un de ses éminents responsables  a déclaré que  « la mosquée al-Aqsa représente la ligne directrice du combat contre le projet israélien », appelant à la mobilisation pour que  « la libération d’al-Quds (Jérusalem) et de la Palestine soit la ligne directrice de l’unité de la nation ».

Même position au sein du djihad islamique. Khaled al-Batch, l’un de ses dirigeants estime que

«  ce qui se déroule actuellement dans la ville d’al-Quds (Jérusalem) et la mosquée al-Aqsa est un défi lancé à la nation arabo-islamique ».

Un appel, à peine voilé au monde arabe, à se soulever.

Les détails de la loi en voie d’élaboration sont encore méconnus mais les informations indiquent que La Knesset israélienne  va reprendre en novembre les discussions  sur  ce plan de division. Discussions  qui font suite aux revendications de colons  juifs de prier et de pratiquer des rituels talmudiques dans ce site sacré pour les musulmans .Des revendications clairement exprimées par la droite israélienne en février 2014  à la Knesset.

En effet  dans un débat enflammé, la droite israélienne a essayé de faire passer l’idée qu’Israël devait avoir la souveraineté sur l’ensemble de Jérusalem, y compris, sur la partie orientale occupée et annexée. Israël considère la ville sainte comme sa capitale unifiée et indivisible mais la communauté internationale ne reconnaît pas l’annexion de la partie Est, à majorité arabe, où les Palestiniens veulent  établir la capitale de l’État auquel ils aspirent.  Pour eux cette perspective constitue une preuve de plus qui  met à nu «  les convoitises israéliennes et leur dessein quant à la  judaïsation de la ville sainte qui gagne du terrain .Des suspicions confortées par d’autres agissements des autorités d’occupation qui changent, chaque jour davantage et en profondeur, le caractère initial arabo-palestinien de la ville. En somme, elle est perçue comme une  tentative flagrante d’effacement de l’identité et de l’histoire palestinienne de la ville.

Les visées de judaïsation  se font  effectivement, sentir de plus en plus fort et sont  visibles : Cela va de la démolition d’anciens édifices historiques et de maisons, au déplacement forcé d’habitants palestiniens et  au transfert de leurs logements au profit de colons. Des colons désormais établis au cœur des quartiers tel que Cheikh Jarrah  où les drapeaux israéliens flottent sur les fenêtres de maisons arrachés à leurs propriétaires  palestiniens.

Parallèlement à cela la colonisation continue imperturbablement rasant sur son passage, maisons, terrains, villages et  même campements de bédouins. Selon  des organisations pacifistes et humanitaires israéliennes,  les autorités  planifient d’étendre les zones sous leur occupation en transférant, par exemple, quelques 15000 bédouins  Palestiniens vers la région de Jéricho. L’objectif final est d’encercler Jérusalem par une présence juive massive, grâce à un cordon de colonies de peuplement et la séparer du reste de la Cisjordanie. La décision d’Israël d’accélérer les plans pour la construction de milliers d’ unités d’habitations à Jérusalem-Est, rentre dans ce cadre  soulevant le tollé dès les palestiniens dans les territoires occupés conscients que cela mettrait fin à toute possibilité d’établir l’état viable dont ils rêvent.

Les jours à venir n’augurent rien de bon et risquent d’être particulièrement sanglants d’autant plus que les autorités d’occupation ont donné leur feu vert à la police afin de tirer via des snipers sur les manifestants lançant des pierres.

FIN

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